Société générale, Crédit agricole, BNP Paribas ont chuté en Bourse (-25% en moyenne) entre leurs sommets majeurs de mars et leurs creux récents d’avril. «La sphère financière encaisse de plein fouet les récentes mesures tarifaires (droits de douane) annoncées par Donald Trump», relève Maxime Raturat, analyste de marchés chez le courtier XTB France, interrogé par Capital. En Bourse, depuis leurs sommets de février-mars 2025, les principaux indices actions américains et européens ont cédé jusqu’à 20%, atteignant un point bas trois jours après la formalisation des mesures. Parmi les secteurs les plus touchés, «les valeurs bancaires européennes - et françaises en particulier - subissent une pression accrue dans un contexte d’aversion généralisée au risque», note l’expert.

Société générale, Crédit agricole et BNP Paribas ont été emportées en Bourse par la tourmente généralisée observée sur les marchés actions, alors que le phénomène de corrélation positive entre actifs risqués en période d’incertitude «n’est plus à démontrer», relève Maxime Raturat. «Il explique largement les mouvements de baisse homogène des marchés, amplifiés par la mécanique des ETF (trackers, fonds de réplication des indices actions, entre autres, NDLR) : lorsqu’un investisseur cherche à réduire son exposition géographique, il procède souvent par la vente de ces paniers d’actions, pénalisant indistinctement l’ensemble des composantes des indices, y compris les plus solides», fait valoir l’expert.

Société générale, Crédit agricole et BNP Paribas souffriraient indirectement de droits de douane durables

Mais cette simple corrélation suffit-elle à justifier la sous-performance marquée des actions des banques françaises par rapport au CAC 40 ? Entre le pic de février et les creux récents, BNP Paribas a reculé de 5% de plus que le CAC 40, et Société Générale de 10%. «Ces écarts suggèrent-ils l’existence d’un risque idiosyncratique (c’est-à-dire d’un risque spécifique aux banques françaises, NDLR) ?», s’interroge l’analyste. Et en effet, la perspective d’un ralentissement économique constitue un facteur inquiétant pour les banques françaises…

Alors qu’en France, environ 20% du chiffre d’affaires des grandes entreprises dépend du marché américain, «l’instauration de barrières douanières pourrait freiner la demande outre-Atlantique, peser sur les revenus (de nos entreprises), entraîner des ajustements d’effectifs, voire des défaillances de sociétés», s’inquiète Maxime Raturat, pour qui un tel environnement est peu favorable à la croissance du crédit et propice à l’augmentation des défauts de remboursement pour les banques… Par ailleurs, une baisse des revenus excédentaires des ménages «se traduit également par une moindre collecte sur les produits d’épargne», ajoute l’analyste.

Société générale, Crédit agricole et BNP Paribas profitent de perspectives de taux favorables et leur chute en Bourse est à relativiser

Toutefois, un autre élément crucial est à prendre en compte. Entre janvier et début mars, en Bourse, BNP Paribas avait fait mieux que le CAC 40 de 25%, Société générale de 55% et Crédit agricole de 15%. «Une telle volatilité à la hausse rend donc mécaniquement le repli actuel plus spectaculaire, mais dans une logique de rééquilibrage asymétrique plus que de déroute structurelle», relativise Maxime Raturat. Surtout, le contexte monétaire reste favorable au secteur bancaire. «Le différentiel entre les taux à 10 ans français et le taux de refinancement de la Banque centrale européenne a atteint près de 0,70 point de pourcentage, permettant aux banques de dégager des marges d’intérêt significatives. De nouvelles baisses de taux sont d’ailleurs anticipées dès la prochaine réunion de la BCE, puis en juin», souligne l’expert.

Depuis leur point bas en Bourse, les actions des banques ont déjà rebondi, portées par l’amélioration générale des marchés actions. Plusieurs signaux de l’analyse technique (analyse graphique et mathématique de l’évolution des cours de Bourse, qui permet d’élaborer des scénarios sur la trajectoire probable d’une action) «confortent la durabilité de ce mouvement et une reprise éventuelle de la tendance haussière : rebond du S&P 500 (indice actions phare des Etats-Unis, marché actions directeur mondial) sur un support oblique majeur (en périodes mensuelles), rejet massif du VIX (indice de la peur) avec des sommets déclinants, et des volumes de transactions en baisse», fait valoir l’analyste de XTB.

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Le principal risque pour BNP Paribas, Société générale est Crédit agricole reste donc exogène, selon lui. «La dynamique haussière observée depuis récemment sur les actions des banques françaises dépend largement du climat géopolitique et commercial international. Le sursis de 90 jours accordé par les Etats-Unis à leurs partenaires commerciaux a allégé temporairement la pression sur la prime de risque (et donc sur les cours des actions, NDLR). Mais un durcissement de la guerre commerciale pourrait rapidement à nouveau inverser la tendance», met en garde Maxime Raturat.

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