La France va devoir changer ses plans. Selon les informations de nos confrères de La Tribune, les Émirats arabes unis ont décidé de ne plus participer au financement du futur avion de combat Rafale F5 de Dassault. Une décision qui fait suite à une rencontre tendue entre Emmanuel Macron et le Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, en décembre 2025, à Abou Dhabi. Alors que le dossier était dans une impasse, les deux dirigeants devaient clarifier la situation sur ce que les deux pays attendaient l'un de l'autre concernant le développement de ce programme.

Mais aucune issue n’a été trouvée. Toujours selon La Tribune, les Émiratis souhaitaient être associés le plus étroitement possible aux développements de l'avion de combat français et donc être au contact des dernières technologies ultra pointues du Rafale F5. Une requête refusée par les Français, pas prêts à partager les secrets de ce développement, notamment dans l'optronique (des technologies qui permettent de détecter, observer et identifier des cibles à grande distance grâce à la lumière et à la chaleur, sans être repérées par l’ennemi). Reprochant un soupçon d'arrogance de la part des Français, les Émirats arabes unis ont décidé qu'ils ne paieraient pas la facture.

Un financement étalé dans le temps

Le ministère des Armées doit donc financer seul cette facture de 5 millions d’euros qui devait initialement être payée à hauteur de 3,5 millions d'euros par le pays du Golfe. Résultat : le financement sera étalé dans le temps, ce qui entraînera des livraisons de Rafale au standard F5 décalées dans le temps. Pour autant, la donne pourrait encore changer. Selon plusieurs sources interrogées par La Tribune, les négociations auraient repris entre les deux pays, avec la guerre en Iran qui a largement fait oublier ce contentieux.

Le standard Rafale F5 constitue une évolution majeure du chasseur français, au point de s’apparenter à une nouvelle génération. Attendu pour 2033, il intégrera un radar AESA de nouvelle génération, des capteurs infrarouges améliorés, une guerre électronique renforcée et une connectivité poussée, transformant l'appareil en véritable «systèmes de systèmes», capable de collaborer en temps réel avec avions, drones et satellites, explique BFMTV.

Le F5 pourrait transporter un missile nucléaire

Sa grande innovation sera le combat collaboratif : le Rafale F5 pourra contrôler des drones de combat furtifs dérivés de nEUROn, chargés de reconnaissance, de brouillage ou de frappes. Un UCAV dédié a d’ailleurs été présenté en 2023. Le F5 doit aussi emporter le futur missile nucléaire hypersonique ASN4G, prévu pour remplacer l’ASMPA-R vers 2035.