
Le projet européen de système de combat aérien du futur (Scaf) est-il déjà mort dans l’œuf ? C’est la question qui se pose alors que les divergences entre la France et l’Allemagne perdurent au sujet de cet avion de combat censé remplacer le Rafale d’ici 2040. Le programme militaire dont le coût est estimé à 100 milliards d’euros est actuellement au point mort après des tensions entre Dassault Aviation, le maître d’œuvre français, et le groupe européen Airbus, qui représente nos voisins d’outre-Rhin dans ce dossier. En cause, le souhait de Dassault d’obtenir la maîtrise de 80 % des composants centraux du futur avion de combat, ce que refuse Airbus.
Et il se pourrait bien que l’Allemagne perde rapidement patience. Comme le rapporte le JDD, Berlin envisagerait de lâcher ses partenaires pour aller collaborer avec d’autres pays comme le Royaume-Uni ou la Suède, voire seulement avec l’Espagne qui fait déjà partie du projet. Déjà engagé dans un projet similaire - «Tempest» ou GCAP - avec l’Italie et le Japon mais dont sa réussite «semble impossible» selon l’agence nationale britannique chargée de la transformation des infrastructures et des services (NISTA), le Royaume-Uni pourrait donc bien se laisser tenter pour rejoindre l’Allemagne. Quant à la Suède, qui a déjà quitté le programme GCAT en 2023, l’avionneur Saab pourrait lui aussi être disponible pour travailler en collaboration avec Berlin, rapporte BFMTV.
Vers une fin prochaine de la discorde ?
Lancé en 2017, peu de temps après l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron et en même temps que le MGCS destiné à développer un système de char de combat, les deux projets ont accusé un lourd retard après des tensions entre Paris et Berlin. Si le projet du MGCS a fini par se débloquer, le Scaf lui, reste toujours à l’arrêt. Alors que Dassault Aviation regrette de ne pas être reconnu comme leader sur le projet malgré la mise en avant de sa compétence unique illustrée par le succès commercial du Rafale, l’Allemagne, elle, refuse de revenir sur la répartition des tâches en continuant de prôner le respect des accords politiques et industriels conclus.
Alors qu’une réunion au sommet doit se tenir en octobre, la France ne perd pas espoir que le différend qui oppose les deux partenaires sur le projet prenne fin. «La France et l’Allemagne restent déterminées à mener à bien le programme Scaf en coopération avec l’Espagne», a ainsi expliqué dans un communiqué publié ce samedi 20 septembre le ministère français des Armées. Et de préciser : «Le ministère des Armées est pleinement investi avec ses homologues allemand et espagnol pour aboutir à une solution mutuelle acceptable d’ici la fin de l’année.»


















