
Qui sera le grand gagnant de la Coupe du monde de football 2026 ? Pour l’heure, difficile de répondre à la question alors que la compétition n’a pas commencé, même si certaines nations comme l’Equipe de France, l’Espagne, le Portugal, le Brésil ou l’Argentine font figure de favorites. Toutefois, il y aura un deuxième grand gagnant : la FIFA. La Fédération internationale, grande organisatrice de l’événement planétaire, risque de générer plusieurs milliards d’euros de recettes entre le 11 juin et le 19 juillet.
Sur la période 2023-206, la FIFA table sur des recettes record de l’ordre de 13 milliards de dollars, soit environ 11,2 milliards d’euros, rapporte Centre Presse. Pour cette seule année 2026 du Mondial, la FIFA compte engranger pas moins de 8,9 milliards de dollars (7,6 milliards d’euros). Ce sont des chiffres colossaux, car si l’on compare ces recettes attendues à celles de la Coupe du monde au Brésil en 2014, c’est plus du double. C’est aussi plus de 67% de plus qu’en Russie (2018) et enfin 56% de plus qu’au Qatar (2022) qui s’annonçait pourtant déjà prolifique. Comment expliquer ces chiffres en forte hausse en 2026 ?
Hausse des droits TV, billetterie, 48 équipes…
En réalité, il y a plusieurs facteurs. Il faut déjà prendre en compte le changement de format de la compétition, avec le passage de 32 à 48 équipes qualifiées - et donc la tenue de 104 rencontres (au lieu de 64 au Qatar). Plus de matchs implique plus de rentrées d’argent liées à la billetterie : trois milliards de dollars sont attendus, soit le triple d’il y a quatre ans. Mais la seule billetterie ne suffit pas expliquer ces chiffres qui explosent, notent nos confrères. En effet, les droits TV représentent une manne non négligeable pour la FIFA.
Cette année, ils devraient permettre à la Fédération internationale de football d’engranger quatre milliards de dollars (+34%) et les partenariats vont aussi rapporter gros (+21%). «L’organisation entre Etats-Unis, Canada et Mexique offre une visibilité importante aux sponsors», décrypte le recteur de l’Observatoire du football au CIES de Neuchâtel, Raffaele Poli, même s’il voit une «tendance de long terme» puisque la FIFA est parvenue à «améliorer ses techniques pour monétiser l’événement».
Les villes-hôtes sur la paille ?
Son autre coup de force cette année : l’adoption de la tarification dynamique au niveau de la billetterie, faisant grimper les enchères parmi les supporters. Si les critiques liées à ces méthodes ont été nombreuses, la FIFA a assumé. Avec six millions de billets en vente, elle aurait eu tort de se priver. Toutefois, selon la BBC, deux procureurs auraient ouvert une enquête contre la FIFA pour avoir «artificiellement gonflé les prix» et «avoir induit les supporters en erreur». Face à ces critiques, l’instance a promis de revoir sa politique de billetterie pour le prochain Mondial. Tout cet argent profitera-t-il aux villes hôtes ?
Sur les 11 milliards escomptés, la FIFA compte dépenser 3,7 milliards de dollars. Si la dotation globale est en hausse de 15% cette année, les sélections et les clubs devraient recevoir un quart de la somme. En outre, 1,7 milliard de dollars devraient être alloués à son programme de développement. Et les villes hôtes dans tout ça ? «Les moins bien placés pour négocier des termes avantageux sont souvent les villes-hôtes», insiste Raffaele Poli, d’autant que dans bon nombre d’entre elles, des annulations hôtelières ont eu lieu ces dernières semaines. Il s’agit de nuitées qui étaient bloquées par la FIFA. Plus globalement, les chiffres devraient varier d’une ville à l’autre. Pour rappel, Gianni Infantino tentera de se faire réélire en 2027 pour son quatrième et dernier mandat.




















