Rien ne va plus chez Duralex. Il y a quelques jours, on apprenait que le verrier historique du Loiret demandait son placement en redressement judiciaire malgré les millions d’euros récoltés depuis quelques mois. C’est tout simplement son cinquième placement en redressement judiciaire en une vingtaine d’années, ce qui fait craindre la fin d’une belle histoire tricolore. La menace planait, d’autant que mi-avril, le conseil d’administration de l’entreprise avait décidé «brutalement» d’écarter le directeur général François Marciano ainsi que son fils Antone Marciano, alors directeur financier.

Et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, les deux hommes ont décidé de contester leur licenciement aux Prud’hommes, indique La République du Centre. Remplacé par la directrice marketing et commerciale Peggy Sadier, François Marciano serait parti à la retraite, quelque chose de «prévu à la fin du mois», laissait entendre le communiqué de la verrerie de La Chapelle-Saint-Mesmin. «François Marciano part en retraite, je prends la suite et j’en suis ravie», complétait la nouvelle directrice générale.

Une mise à pied et un licenciement «en trois minutes»

Mais la figure emblématique de la Scop ne semble pas vraiment de cet avis-là et va bien contester son licenciement. Interrogé, son avocat Me Pierre Lalanne avance une explication «complètement bidon». Selon lui, François Marciano aurait été «mis à pied» et notifié de son licenciement «en trois minutes». Idem pour son fils Antoine. «Les sorties de François et d’Antoine Marciano sont des licenciements pour faute grave, particulièrement brutaux et qui ne reposent sur aucun élément tangible», ajoute-t-il.

Toujours selon l’avocat, les licenciements «semblent s’inscrire dans une stratégie que seuls les décideurs peuvent comprendre» et «n’ont aucun lien avec les difficultés économiques, ni avec les prétendues fautes de gestion relayées dans la presse depuis plusieurs semaines». En dehors de la procédure aux Prud’hommes, les hommes envisagent une procédure du tribunal de commerce, a complété Me Pierre Lalanne. François Marciano n’a pas souhaité commenter, mais a seulement précisé qu’au 31 mars 2026, «Duralex (n’était) pas en cessation de paiements».

Des millions récoltés pour rien ?

Depuis la reprise en août 2024, des salariés-actionnaires ont évoqué des «choix financiers jugés hasardeux, voire dangereux». Pour rappel, en novembre dernier, la verrerie avait convaincu 20 000 personnes lors d’une levée de fonds participative et avait battu des records en quelques heures. Reverront-ils leur argent ? La procédure de redressement judiciaire est donc un petit coup de tonnerre, d’autant que l’entreprise affichait une hausse de 7% de son chiffre d’affaires au 31 décembre. Mais le peu de rentabilité, le manque de trésorerie et la crise de gouvernance ont eu raison de ce modèle. Une période d’observation de six mois s’ouvre désormais.