
Face à une dépendance jugée excessive aux technologies étrangères, l’Union européenne entend accélérer sa stratégie de souveraineté numérique et industrielle. Chaque année, le Vieux Continent dépense environ 260 milliards d’euros dans des produits et services numériques non européens, souligne BFM Business. Un déséquilibre que Bruxelles souhaite désormais corriger. Au cœur de cette ambition : les semi-conducteurs, le cloud, l’intelligence artificielle et les data centers. La Commission européenne veut renforcer la capacité de production et d’innovation sur le territoire européen, dans un secteur aujourd’hui dominé par les Etats-Unis et l’Asie.
«Nous devons nous préparer à conquérir notre part du marché des puces liées à l’IA», déclare Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne. Selon elle, les composants liés à l’intelligence artificielle pourraient représenter plus de 70% du marché mondial des semi-conducteurs d’ici 2030. Dans cette logique, Bruxelles prévoit également de tripler le nombre de data centers en Europe au cours des cinq à sept prochaines années, afin de soutenir la montée en puissance des usages liés à l’IA et au cloud.
Vers une préférence européenne dans les marchés publics
La Commission souhaite également renforcer l’ancrage local de la commande publique. Les administrations européennes devront privilégier le stockage des données sur des serveurs situés en Europe, tandis que les appels d’offres seront davantage orientés vers des entreprises dont la recherche et développement et les emplois sont basés sur le continent. L’objectif affiché est clair : faire émerger un écosystème technologique européen capable de rivaliser avec les géants mondiaux.
«Nos usines fonctionneront grâce à des logiciels industriels européens. Nos hôpitaux pourront choisir des IA développées en Europe. Nos innovateurs pourront aussi les utiliser pour développer leurs idées, et nos start-up devenir des leaders mondiaux ici même en Europe», affirme Henna Virkkunen. Cette stratégie s’inscrit dans une volonté plus large de lier souveraineté technologique et numérique.
Toutefois, tous les projets ne font pas consensus. La Commission a notamment reporté son projet de «label vert» pour les data centers, censé encadrer leur impact environnemental. Cette décision a suscité des critiques, notamment en France, où l’exclusion du nucléaire des critères envisagés a provoqué de vives réactions.



















