
Mise à prix : 2 millions de dollars ! C’est la somme demandée par le détenteur d’une place en virage pour la finale de la Coupe du monde 2026, qui se tiendra au MetLife Stadium, près de New York. Une fortune pour être dans les tout premiers rangs. Car, oui, aux Etats-Unis, sur le modèle du basket, plus vous êtes près du terrain, plus la facture est salée, et tant pis si vous n’y voyez pas grand-chose. Dans nos stades européens, les places derrière les buts sont d’habitude les moins chères de l’arène et réservées au «kop» des fans les plus fidèles, à l’image des supporters officiels des Bleus, les «Irrésistibles Français», qui, pour ce tournoi, vont se retrouver loin du terrain, sous le toit. Mais ces derniers ne seront pas si mal lotis. Grâce à la Fédération française de football, ils ont dégoté des tickets à partir de 50 euros et nous partagent leurs bons plans pour faire baisser la facture du «road trip». Car cette Coupe du monde «made in USA», avec ses pauses fraîcheur obligatoires lors de chaque mi-temps, davantage dédiées à rincer les annonceurs qu’à soulager les joueurs, ses maillots officiels à 160 euros et ses bières dans le stade à 20 dollars, acte un divorce avec le foot populaire et consacre le foot business.
La Fifa, grande gagnante avant même le coup d’envoi du tournoi, devrait engranger 3 milliards de dollars de gains rien qu’avec la billetterie, un record, au total elle vise 11 milliards de dollars de revenus pour le cycle 2023-2026. Ses fidèles sponsors sont toujours au rendez-vous : Adidas, Coca-Cola, Visa… Ou le fabricant de TV chinois Hisense, qui mise sur le foot pour continuer à pénétrer le lucratif marché européen. En France, où les ventes sont plutôt atones (– 10% sur un an), ce dernier espère ainsi vendre entre 100 000 et 200 000 écrans dans les prochaines semaines.

Des chiffres qui font tourner la tête
S’il est toujours difficile d’estimer l’effet Coupe du monde sur la croissance, une victoire de la bande à Mbappé donnerait un coup de boost à la consommation et au sacro-saint moral des ménages. Reste qu’une fois encore, chez nous, les grands gagnants devraient être les opérateurs de paris sportifs. En 2022, alors que les Bleus avaient atteint la finale au Qatar, plus de 600 millions d’euros avaient été misés durant la compétition. Ceci explique certainement le sourire de Julien Brun, le nouveau PDG de Betclic, au moment de recevoir Capital dans ses bureaux, à quelques jours du coup d’envoi…

- 1,5 milliards de téléspectateurs ont suivi la rencontre Argentine-France pendant le Mondial 2022. L’audience la plus élevée pour une finale de Coupe du monde de la FIFA à ce jour.

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