
Le rachat de l'opérateur SFR par Bouygues Telecom, Iliad et Orange, pour plus de 20 milliards d'euros, «ne va pas de soi», estime mercredi 10 juin le président de l'Autorité de la concurrence dans une interview au journal Le Monde. Interrogé sur cette opération, Benoit Coeuré fait ainsi valoir qu'il s'agit «d'un rapprochement sur un marché déjà très concentré» mais, nuance-t-il, «si nous avions déjà conclu que le passage de quatre à trois opérateurs sur le marché français était nécessairement anticoncurrentiel, nous l'aurions dit».
Après des mois de négociations, le consortium formé par Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange est parvenu samedi à un protocole d'accord avec Altice France, maison mère de SFR, en vue de son acquisition. Les trois acheteurs autorisés de débourser au moins 20,35 milliards d'euros pour se partager les activités de leur cible en parties inégales. La transaction doit encore recevoir le feu vert des autorités de la concurrence. Il n'a néanmoins pas encore été décidé qui serait compétent entre l'Autorité française ou la Commission européenne.
Entre Paris et Bruxelles, une opération encore très encadrée
Chaque opérateur doit, dans un premier temps, soumettre une pré-notification détaillant l'opération auprès de l'autorité dont il dépend : Bouygues Telecom et Orange se rapporteront à l'autorité française, tandis qu'Iliad devra déposer le dossier à Bruxelles, en raison du poids de son activité en dehors de la France. «Nous n'avons encore rien reçu et n'avons, à date, aucun détail sur ce projet», a indiqué Benoit Coeuré.
Les groupes concernés par ce dossier ont déjà marqué leur préférence pour un traitement en France. Auprès du Monde, Benoit Coeuré évoque en outre un questionnement «naturel» sur le risque de hausse des tarifs dans le secteur si l'opération va à son terme. En 2005, les trois opérateurs mobiles alors présents sur le marché français, Orange, SFR et Bouygues Telecom, avaient été condamnés pour entente illicite, rappelle-t-il.











