L’intelligence artificielle fait des heureux. Selon le Wall Street Journal, OpenAI offre la possibilité à ses 600 anciens et actuels salariés de vendre leurs actions lors d’un tour de financement réalisé en octobre dernier. Chaque employé peut atteindre un plafond de vente à 30 millions de dollars, contre 10 millions auparavant. Ce mécanisme, appelé «tender offer», permet aux investisseurs privés d’acheter directement les actions détenues par les salariés.

Le média américain indique, selon BFMTV, que 75 salariés ont déjà atteint cette limite autorisée et ont donc pu encaisser immédiatement cette somme puisque OpenAI n’est pas coté en Bourse. Au total, 6,6 milliards de dollars d’actions ont été vendus durant cette opération, ce qui a entraîné une vague inédite de millionnaires dans l’industrie technologique moderne. Les profils techniques stratégiques comme les chercheurs en intelligence artificielle, les ingénieurs infrastructure, les spécialistes des modèles de langage et bien sûr les cadres dirigeants sont concernés par cette vague de richesse dans l’intelligence artificielle.

Chaque employé aurait perçu en moyenne 1,5 million de dollars

Les montants perçus - qui se chiffrent en moyenne à 1,5 million de dollars par employé - seraient largement supérieurs aux rémunérations historiques observées chez Google ou Meta lors de leurs premières années de croissance. Un constat qui s’explique notamment par la part importante du chiffre d’affaires accordée aux salariés (46 %), à la différence de Palantir (33 %), Google (15 %) ou Facebook (6 %) lors de l'année précédant leur introduction en Bourse.

Mais cette inflation rapide de la richesse dans le milieu de l’IA renforce les inégalités sociales à San Francisco. En février, les loyers avaient déjà bondi de 14% en un an et la vente de biens supérieurs à 5 millions de dollars a connu une hausse de 220%. Et ce constat ne tend qu'à se confirmer puisque OpenAI est la startup technologique la plus chère du monde avec 852 milliards de dollars, tandis que l’indice boursier Nasdaq n’a fait «que» tripler depuis sept ans.

Les rémunérations affolantes de certains postes

Cette augmentation spectaculaire des rémunérations s’inscrit dans une véritable guerre mondiale des talents autour de l’intelligence artificielle générative. Selon plusieurs sources du secteur, Meta aurait proposé à certains chercheurs de tout premier plan des packages pouvant grimper jusqu'à 300 millions de dollars. OpenAI, de son côté, s’est engagé dans une politique salariale tout aussi offensive. Pour certains postes techniques, les salaires dépasseraient 500 000 dollars par an, auxquels s’ajoutent des attributions d’actions particulièrement généreuses. À cela se sont ajoutés, en août dernier, des bonus exceptionnels de plusieurs millions de dollars, versés à une partie des employés.