
Renault, Michelin, Sanofi, TotalEnergies ou encore CMA-CGM… depuis le début de l’année, les patrons de ces grands groupes français sont auditionnés par la commission d’enquête sénatoriale sur les aides publiques aux entreprises. Mardi 13 mai, c’était au tour du PDG de Kering, François-Henri Pinault, de répondre aux questions des parlementaires. Alors que les taxes douanières annoncées par Donald Trump menacent toujours les entreprises françaises, l’industrie du luxe est en première ligne.
Un groupe comme Kering envisage-t-il de s’installer à terme aux Etats-Unis ou en Chine ? L’homme d’affaires de 62 ans a été catégorique sur le sujet : «Ce qu’on fait à l’étranger, ce sont des ouvertures de magasins», a-t-il lancé dans un premier temps, tout en précisant que le groupe était plutôt «en train de rationaliser (ses) réseaux de distribution plutôt que les étendre». Surtout, selon François-Henri Pinault, il n’y a pas de «problématique d’investissement aux Etats-Unis et en Chine».
Mettre en avant «le niveau d’artisanat français ou italien»
Propriétaire de nombreuses marques de luxe, françaises et italiennes, comme Yves Saint Laurent, Gucci, Bottega Veneta ou encore Balenciaga, le patron français n’a aucune intention de délocaliser. «On vend de la culture française, de la culture italienne. Ça n'aurait pas de sens d'avoir des sacs Gucci fabriqués au Texas», a-t-il lâché devant les sénateurs. Selon lui, ce qui «fait du sens», c’est de «mettre en avant le niveau d’artisanat français ou italien dans des produits Saint Laurent ou Gucci».
Des propos qui tranchent avec ceux tenus par son concurrent, Bernard Arnault, qui au mois de janvier, avait brandi la menace d’une «délocalisation» pour dénoncer la politique fiscale du gouvernement. Il visait alors la surtaxe des grandes entreprises prévue dans le budget 2025, une «taxation du made in France», selon le patron de LVMH.
A ce jour, Kering possède cinq sites de production en France et son chiffre d’affaires, qui a frôlé les 17,2 milliards d’euros en 2024 (-12%), repose essentiellement sur Gucci. Les ventes de la marque italienne ont continué de plonger (-23%) et plombé les comptes du groupe. Dans le monde, Kering comptabilise plus de 47 000 salariés.




















