Des motifs d’accord entre un sénateur communiste et le PDG de TotalEnergies ? Sur le papier, rien d’évident. Néanmoins, c’est ce qui s’est produit mardi 25 mars lors de l’audition de Patrick Pouyanné au Sénat dans le cadre de la commission d’enquête sur l’utilisation des aides publiques, rapporte Public Sénat. En effet, en charge des auditions, le sénateur communiste de Seine-Saint-Denis, Fabien Gay, a trouvé écho à une de ses propositions sur les aides aux grandes entreprises en grande difficulté.

Après avoir rappelé que le géant pétrolier avait refusé les aides Covid au moment de la pandémie, «une mesure de cohérence», Patrick Pouyanné a estimé que les aides accordées par l’Etat devaient être remboursées à terme. «Je pense que l’État est légitime, lorsqu’une entreprise ne va pas bien, à intervenir temporairement, comme il a pu le faire un jour chez PSA, un jour chez Air France», reconnaît le grand patron. Néanmoins, il estime que «l’État devrait conditionner ces aides.»

La mise en place de «clauses de bonne fortune» ?

En effet, pour Patrick Pouyanné, «s’il y a retour à bonne fortune, il faut les rendre». Le PDG de TotalEnergies plaide pour un «un principe qui doit être simple» : «Si ça va bien, il y a des conditions, on peut les écrire dans un contrat, ça peut s’étaler dans le temps, eh bien vous rendrez l’argent», met-il en avant. Et d’ajouter : «Il faut que l’on soit cohérent jusqu’au bout.» Patrick Pouyanné évoque la possibilité de mettre en place des «clauses de bonne fortune» qui ressembleraient aux avances remboursables.

Ces avances remboursables, TotalEnergies en a bénéficié, rappelle Public Sénat, notamment dans le cadre d’un projet d’éolien flottant en mer Méditerranée. Sur le coût total des 330 millions d’euros, le géant pétrolier a reçu 78 millions d’euros de subventions et d’avances remboursables. Elles permettent ensuite à TotalEnergies de rembourser les aides de l’Etat grâce aux revenus liés à l’investissement. Une pratique «vertueuse», selon le patron.

Les crédits d’impôt plus avantageux ?

En mettant en place de telles conditions, «l’Etat ferait un sens utile parce qu’il va préserver des emplois, préserver des champions, des clients, etc.», a ajouté Patrick Pouyanné. Des propos qui ont semble-t-il séduit le sénateur PS, pour qui ce genre de discours, «on ne l’a pas entendu». Vantant les mérites de l’IRA et du soutien du gouvernement américain, Patrick Pouyanné a également expliqué qu’il préférait les crédits d’impôt aux subventions. En revanche, sur la question des dividendes, le PDG de TotalEnergies a été clair : il n’arrêtera pas de les verser en cas de restructuration. «Si la France se met à conditionner des aides à l’absence de restructurations sur ses sites, les grands groupes en question (…) iront voir ailleurs.»