Edenred, société de services prépayés qui commercialise notamment les Tickets Restaurant, a confirmé mardi ses objectifs pour 2025 et reste confiante sur les perspectives de croissance des titres-restaurant malgré un environnement réglementaire changeant, des perspectives saluées à la Bourse de Paris. Le groupe, qui présentera le 4 novembre son nouveau plan stratégique à trois ans, a dégagé un chiffre d'affaires de 726 millions d'euros au troisième trimestre, en hausse de 6,5% sur un an et supérieur aux attentes des analystes (707 millions d'euros). Hors revenus purement financiers, le chiffre d'affaires progresse de 7,8% à 667 millions d'euros.

Les actions d'Edenred prenaient plus de 10% dans les premiers échanges à la Bourse de Paris : vers 09H35, Edenred était en forte hausse de 10,80% à 22,58 euros l'action, dans un marché stable (+0,12%). En France, où Edenred compte plus de 2,5 millions d'utilisateurs actifs du Ticket restaurant, soit une part de marché d'environ 40%, le projet de budget 2026 prévoit une hausse de 8% des charges patronales sur les «compléments de salaire» (titres restaurant, chèques vacances...). «L'avantage pour l'employeur reste encore extrêmement élevé, (...) la question se posera plutôt en termes de coût total du travail et d'arbitrage entre les augmentations de salaires et cette taxe dans certaines entreprises», a commenté lors d'une conférence téléphonique la nouvelle directrice générale finance Virginie Duperat-Vergne.

Un troisième trimestre supérieur aux attentes

Soulignant que «beaucoup de voix s'étaient élevées» contre ce projet et que plusieurs amendements avaient été déposés, elle a par ailleurs indiqué qu'un changement de fiscalité sur les titres-restaurant au Mexique il y a quelques années n'avait pas empêché ces avantages d'y progresser. En Italie, où est intervenu cette année un plafonnement des commissions payées par les commerçants aux émetteurs de titres-restaurant, le groupe a prévenu depuis plusieurs mois s'attendre à un impact négatif de 60 millions d'euros d'Ebitda (marge brute d'exploitation) au second semestre. Malgré ces éléments, Edenred confirme son objectif pour 2025 d'une croissance de l'Ebitda d'au moins 10% en données comparables.

Dans une note, les analystes de Jefferies ont souligné que le 3e trimestre avait été supérieur aux attentes grâce à une augmentation de la valeur faciale des titres-restaurant et un impact décalé du plafonnement des commissions en Italie, ainsi qu'une meilleure performance opérationnelle en Europe. «Nous pensons qu'Edenred est bien parti pour réaliser ou dépasser son objectif d'une croissance de l'Ebitda supérieure à 10%, vu que le groupe n'a besoin de croître que de 1% au quatrième trimestre» pour atteindre cet objectif, ont-ils souligné.

Deux partenariats signés

De juillet à septembre, le chiffre d'affaires des avantages aux salariés a progressé de 7%, à 426 millions d'euros, et celui des solutions de mobilité de 17,7% (à 179 millions). «Dans le domaine des titres-restaurant, nous voyons de nombreux gouvernements décider de nouvelles augmentations des valeurs faciales maximales», a indiqué Virginie Duperat-Vergne, estimant que cela contribuera à la croissance du groupe. Huit pays ont passé le cap cette année selon elle, et l'an prochain la Belgique devrait le faire, tandis que des discussions sont en cours en Italie et Roumanie. Dans la Mobilité, Edenred a signé deux partenariats stratégiques dans la distribution de carburants, notamment avec Esso en Italie.