
Une nouvelle année de recrutement… sous de meilleurs auspices ? C’est ce que semblent penser les entreprises, à en croire l’étude dernièrement dévoilée par Michael Page, cabinet de recrutement spécialisé en la matière. Sur 400 entreprises implantées en France, 43% d’entre elles ont répondu qu’elles anticipent des difficultés de recrutement en cette nouvelle année. Elles sont 59% à avoir répondu qu’elles ont connu des complications en termes de recrutement l’année dernière. Une tendance partagée parmi toutes les tailles d’entreprises. Pourquoi ? «Elles anticipent un léger mieux d’un point de vue macro-économique, estime Martin Villelongue, directeur exécutif de Michael Page. 2025 était une année de transition avec des candidats qui dictaient le jeu en matière de rémunération, ce qui va changer en 2026», ajoute-t-il.
Pourtant, les entreprises interrogées sont plus nombreuses à considérer que répondre aux attentes des salariés en termes de rémunération en 2026 sera plus difficile qu’en 2025, passant d’un peu moins de 40% à plus de 40% justement en cette année. La raison ? «La tension salariale et la difficulté de recruter perdurera en 2026 à cause du manque de compétences qui ne disparaîtra pas dans les trimestres à venir», avance Martin Villelongue. Le manque de profils disponibles avec les compétences adaptées reste ainsi la première difficulté rencontrée par les employeurs pour recruter, même si elle est prévue en baisse pour 2026. Plusieurs raisons à cela, outre la perception d’une amélioration du marché de l’emploi : «Les entreprises ajustent leurs besoins et les profils recherchés en fonction des projets, explique-t-il. Elles développent aussi davantage les compétences en interne, atténuant ainsi la dépendance au recrutement externe», conclut Martin Villelongue.
Les entreprises de taille intermédiaire, les plus dynamiques en termes de recrutement en 2026
La baisse des difficultés à recruter se traduit par des entreprises plutôt confiantes quant à leurs prévisions de recrutement. En effet, 56% de celles interrogées pensent recruter au cours du premier semestre 2026. Si on retrouve des chiffres similaires chez les grandes entreprises et les PME - Petites et Moyennes Entreprises, ces derniers sont bien plus élevés chez les ETI - Entreprises à Taille Intermédiaire. Parmi celles-ci, les trois quarts (75%) envisagent des recrutements en ce premier semestre ! Une différence de perspectives qui s’explique : «Les ETI disposent de plus de facilités de recrutement que les PME car plus de latitude économique et sont moins influencées par des décisions macro-économiques que les grandes entreprises», avance Martin Villelongue.
Pour autant, ces perspectives encourageantes en termes de recrutement ne semblent pas pérennes au regard des motifs relevés, le premier étant les remplacements. En effet, environ six entreprises sur dix interrogées (63%) répondent que le remplacement est une des raisons du recrutement contre 44% pour la croissance et 30% pour les nouveaux projets. Traduction dans la pratique : «Les CDD et les contrats d’intérim tirent les recrutements depuis quelques mois et cela va continuer, explique le directeur exécutif de Michael Page. Dans un contexte économique encore incertain, ils permettent à l’emploi de résister», conclut-il. Réponse dans les prochains mois quant au devenir de ces prévisions.


















