NovAsco, ex-Ascometal, n’aura duré qu’un an après sa reprise par le fonds britannique Greybull Capital. Selon Les Échos, le sidérurgiste, qui emploie pour le moment environ 760 salariés en France, a été placé lundi 11 août en redressement judiciaire. D’ici le 30 septembre, l’entreprise devra avoir déposé d’éventuels projets de reprise dans un temps très court alors que les comptes de l’entreprise sont déjà dans une situation délicate.

Pour le sidérurgiste, les difficultés sont régulières depuis des mois, et s’accumulent. La sidérurgie européenne, déjà fragilisée, a encaissé la baisse de la demande dans l’automobile, l’arrivée massive d’acier à bas prix d’Asie et aussi les droits de douane de 50% imposés par Washington sur les importations européennes. «Le cas d’Ascometal est symptomatique», juge Bruno Jacquemin, délégué général de l’Alliance des minerais, minéraux et métaux (A3M). Ce dernier redoute un scénario sans repreneur, difficile pour l’industrie lourde du continent.

Promesses non tenues et pertes lourdes

NovAsco produit des aciers spéciaux destinés à l’automobile, la mécanique et la défense, sur quatre sites : Hagondange (Moselle), Leffrinckoucke (Nord), Custines (Meurthe-et-Moselle) et Saint-Étienne. Écarté de la reprise en 2024, le site de Fos-sur-Mer a lui été repris par le groupe italien Marcegaglia, qui y prévoit un investissement de 850 millions pour moderniser les installations.

En 2024, un sauvetage de l’entreprise avait déjà été orchestré. Le ministre de l’Industrie, Roland Lescure, avait alors annoncé un soutien public de 85 millions d’euros, ensuite complété par 90 millions promis par Greybull. Mais dans les faits, et selon plusieurs sources, seule la part de l’État aurait été majoritairement versée. L’actionnaire, de son côté, n’aurait injecté qu’environ 1,5 million d’euros, loin donc des engagements de départ. Pour la reprise, les candidats potentiels se montreraient frileux, surtout pour l’usine d’Hagondange, la plus importante avec ses 450 salariés, jugée trop vétuste et dépendante du marché automobile en crise. «Socialement, c’est le site le plus compliqué», confie une source proche du dossier.