Est-ce bientôt la fin de certaines fraudes bancaires ? C’est en tout cas le but voulu par la nouvelle plateforme lancée par la Banque de France ce jeudi 7 mai. En application de la loi Labaronne du 6 novembre 2025, les grands groupes bancaires et de nombreux prestataires de services de paiement (PSP) vont ainsi être connectés à cette plateforme du fichier des identifiants de compte (IBAN) frauduleux, rapporte RMC en se basant sur une information des Echos. Ce fichier regroupe en effet tous les comptes signalés pour risque de fraude.

Tous ces acteurs bancaires auront ainsi la possibilité de signaler un compte qu’ils jugent douteux ou encore de consulter les autres alertes de leurs confrères, une opération jusqu’alors interdite. Qu’est-ce que cela change pour vous ? Sans doute davantage de sécurité, car les établissements bancaires pourront scruter de près les comptes soupçonnés d’être frauduleux, mais également les opérations annoncées sur ces comptes. Quel sera le rôle de la Banque de France avec cette nouvelle plateforme ? Elle contrôlera tout simplement que les établissements bancaires réagissent dans des délais raisonnables lorsque des alertes sont émises pour des comptes suspects.

Des effets dès les premiers jours

«La Banque de France ne portera pas de jugement sur le caractère frauduleux ou non d'un compte, car ce ne sont pas ses opérations», indique à nos confrères le chef adjoint du service des moyens de paiement scripturaux à la Banque de France, Clément Bourgeois. Il ajoute qu’à terme, 225 établissements devraient être connectés à la plateforme. Un mécanisme «mis à disposition des prestataires de services de paiement», précise-t-il. Après, ce sera «à eux de décider de déclarer un compte» et d’utiliser «l'information qui est contenue dans la plateforme».

Selon le chef adjoint du service des moyens de paiement scripturaux à la Banque de France, les effets de cette plateforme sur la fraude au virement devraient se faire ressentir «dès les premiers jours». A terme, un dispositif européen similaire doit même voir le jour, ce qui pourrait renforcer encore plus les moyens contre la fraude. Toutefois, de petits établissements mettent déjà en exergue le risque de faux positifs, tout comme «la discrimination des IBAN de certains établissements», met en garde le fondateur de Qombo, la fintech qui accompagne les acteurs du paiement dans leur mise en conformité et la lutte contre la fraude.

La Banque de France rassure déjà et pense même que le nombre de faux positifs sera «très faible, voire nul», grâce notamment à de nombreux contrôles. Rien qu’au premier semestre 2025, la fraude par manipulation a représenté 245 millions d’euros selon les chiffres de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) de la Banque de France. Après la nouvelle vérification des IBAN entrée en vigueur en 2025, les services bancaires se dotent de moyens plus conséquents.