
Fnac Darty va-t-il passer sous giron chinois ? La question se pose alors que Les Echos ont appris jeudi 11 septembre que le groupe JD.com projetterait de racheter la maison mère de Fnac et Darty, l’Allemand Ceconomy. Ce dernier est le deuxième actionnaire (21,9%) derrière Daniel Kretinsky. Or, cet été, le géant chinois de l’e-commerce a annoncé un accord avec Ceconomy à hauteur de 2,2 milliards d'euros. Le groupe allemand, qui possède les enseignes MediaMarkt et Saturn, aurait accueilli favorablement l’opération. Toutefois, le deal est loin d’être fait, car hormis celui de la Commission européenne, le groupe doit notamment obtenir l’aval de la France.
Or, selon Boursorama, Bercy ne verrait pas d’un très bon œil ce rachat. Pour rappel, dans l’Hexagone, la direction générale du Trésor peut contrôler certains investisseurs étrangers dans des secteurs clés. Par exemple, en 2021, la tentative de rapprochement proposée par le distributeur canadien Couche-Tard au groupe de grande distribution Carrefour avait été bloquée. Raison invoquée : la souveraineté alimentaire.
L’Allemagne s’inquiète aussi
A priori, Fnac Darty ne rentre pas dans ce cadre. Toutefois, Bercy a indiqué il y a quelques heures que la direction du Trésor avait notifié à JD.com d'une «demande d'autorisation préalable» afin d'obtenir des «renseignements» sur sa «stratégie». Avec plus de 30 000 salariés dans le monde et 1 500 magasins, Fnac Darty est un acteur majeur dans le secteur des produits culturels, électroniques et électroménager. Son ancrage diffère de JD.com qui excelle dans l’e-commerce.
Et c’est ce qui inquiète Bercy, indiquent nos confrères. Le ministère ne voit pas d’un très bon œil de possibles cessions de magasins et sa politique de gestion d’actifs. Désormais, le groupe chinois peut répondre au ministère de l’Economie, qui disposera à son tour de trente jours pour examiner le dossier. Des éléments supplémentaires peuvent encore être apportés par la suite par JD.com.
La réponse n’est donc pas attendue avant la fin du mois d’octobre. Feu vert, veto ou autorisation sous conditions (comme lors de la cession de Doliprane) ? Bercy aura le dernier mot. En Allemagne aussi, l’opération a fait tiquer le gouvernement qui y verrait déjà une menace. Sur les 309 dossiers de ce type étudiés par Bercy, plus de la moitié ont déjà été acceptés.



















