Le feuilleton immobilier du BHV connaît un nouvel épisode décisif. Dans un communiqué diffusé dans la matinée du mercredi 28 janvier, le groupe Galeries Lafayette indique avoir «finalisé» la cession des murs du célèbre magasin de la rue de Rivoli «à l’investisseur auquel il avait consenti une exclusivité» en décembre. Pour l'heure, l'identité de l'acquéreur n'est pas dévoilée, souligne un article du Parisien, même si, selon une source proche du dossier, il pourrait s'agir du gestionnaire d'actifs nord-américain Brookfield Asset Management.

Cette opération ne modifie pas l'exploitation du grand magasin. Racheté il y a deux ans par la Société des Grands Magasins (SGM), présidée par Frédéric Merlin, le fonds de commerce reste sous son contrôle. «Nous sommes très heureux d’avoir signé ce partenariat ambitieux, grâce à un travail patient, mené avec humilité dans l'intérêt du BHV, de ses salariés, de ses clients, au cœur de Paris», souligne ce dernier. La SGM précise que la transaction comprend également les murs du BHV Parly 2, dans les Yvelines.

Une vente très attendue, sous haute surveillance

D'après le site spécialisé CfNewsImmo, le montant de l'opération atteindrait environ 300 millions d'euros. La finalisation serait intervenue le 27 janvier, après plusieurs jours de tensions alimentées par des rumeurs de discussions au ralenti, formellement démenties par l'exploitant. En octobre, la Banque des territoires avait de son côté mis fin aux négociations engagées depuis le début de l'été pour le rachat des murs, dans un contexte hyper-médiatisé de polémique liée à l'arrivée du géant de l'ultra-fast-fashion chinois Shein au sein du magasin.

Sur le terrain, l'annonce a pour le moins pris de court une partie des équipes. A l'ouverture du magasin le 27 janvier, plusieurs salariés avaient découvert la nouvelle par voie de presse. «Il y a toujours des rumeurs mais on finit toujours par apprendre les choses par les médias de toute façon», confie une employée avec un soupçon de résignation, évoquant «une ambiance vraiment morose». Les inquiétudes sont manifestes, comme en témoigne cet ancien du rayon bricolage : «Depuis l'arrivée de Merlin, on navigue à vue et on part à la dérive. Cette incertitude est pesante

La mairie de Paris se dit «vigilante» concernant le maintien de l'emploi

En interne, la direction avait toutefois pris les devants. Selon L'Informé, un mail de vœux envoyé mardi soir aux équipes annonçait la vente. «Si ces vœux arrivent plus tardivement qu'à l’accoutumée, c'est parce que je souhaitais pouvoir les accompagner d'une excellente nouvelle», écrit le directeur général Karl-Stéphane Cottendin, promettant «une transformation d'envergure». La Ville de Paris dit pour sa part «prendre acte de la cession» et assure qu'elle sera vigilante «quant au maintien de l'identité du BHV, au maintien de l'emploi et aux choix commerciaux qui y seront faits». Après la polémique Shein, la maire PS Anne Hidalgo avait formulé le souhait que la Ville fasse l'acquisition du bâtiment en cas de vente, pour en transformer une partie en logements.