Pour Auchan, la bataille judiciaire est perdue. La cour administrative d’appel de Douai a indiqué mercredi 7 janvier l’annulation du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) du groupe Auchan, selon France Bleu. C’était déjà la décision prise en première instance, par le tribunal administratif de Lille. Pourtant, le plan social annoncé en novembre 2024, qui prévoyait la suppression de 2 389 postes, avait été validé par la Direction régionale de l’emploi en avril 2025.

Cette annulation est une excellente nouvelle pour les salariés, synonyme également de la possibilité pour eux «de faire valoir leurs droits devant les tribunaux», mais aussi «d’obtenir des indemnités supplémentaires». Dès le départ, l’accord de sauvegarde n’avait pas convaincu les salariés, perçu comme «au rabais, et surtout à géométrie variable» explique Franck Martinaud, délégué FO d’Auchan Retail France à France Bleu. Côté CGT, la position est partagée. Le syndicat se félicite d’ailleurs d’une «victoire majeure» et réclame «l’arrêt immédiat de toutes les procédures de licenciement, liées à ce plan jugé illégal».

Un désaccord profond entre syndicats et direction

Pour la cour administrative d’appel de Douai, le plan social «aurait dû être signé par les représentants syndicaux de chacune des cinq composantes du groupe», selon BFM. Un point qui avait déjà été retenu au tribunal administratif de Lille, et confirmé désormais en appel.

Pour Auchan, cette dernière décision «est juridiquement incompréhensible et par conséquent fortement contestable». De ce fait, le groupe a pris la décision de se pourvoir devant le Conseil d’État, afin d’obtenir son annulation. Il rappelle toutefois que l’invalidation par la cour administrative d’appel de Douai «n’annule ni les licenciements économiques prononcés ni le principe du PSE et la nouvelle organisation». Selon la direction, le plan a été appliqué sur 80 % des salariés concernés, qui ont donc trouvé une solution, qu’il s’agisse d’un reclassement interne, d’un nouvel emploi ou d’une reconversion.