Une semelle bleu ciel pétant, un tissu vert fluo, et une languette rose… En mars dernier, les nouvelles baskets présentées par la griffe de luxe italienne Gucci ne passent pas inaperçues. Leur prix non plus : une dizaine d’euros, contre 700 en temps normal pour les sneakers de la marque. Mais attention, pour les essayer, il faut passer par un smartphone. Et pour cause : elles sont virtuelles ! Et il n’y a qu’à travers une application ou dans un jeu vidéo que vous pourrez les porter… Excentrique, certes, mais surtout à l’image de ce qui plaît désormais à la nouvelle clientèle du luxe…

L’image d’Epinal d’un client du luxe richissime, vieux et européen est en effet dépassée. Exit le portrait-robot type, aujourd'hui, une multitude de profils s’offrent occasionnellement ou régulièrement, ici une montre précieuse, là un vêtement griffé, ou une nuit dans un hôtel d'exception. "Les profils des clients du luxe se sont grandement diversifiés, et ce n’est pas fini", résume Jonas Holmqvist, professeur associé de marketing à Kedge Business School. "On navigue désormais entre le milliardaire qui s’habille auprès des plus grandes maisons et l’étudiante qui va se faire offrir une ceinture Gucci pour son anniversaire", ajoute Delphine Dion, professeure de marketing à l'Essec Business School. Ou comment le luxe est passé de l’ordinaire de quelques privilégiés à l’extraordinaire des classes moyennes.

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