«On vend de plus en plus de pièces rares. Comme, dernièrement, ce sac Kelly d’Hermès tout en argent, produit à une centaine d’exemplaires, pour 210 000 euros. Ou cette montre Crash de Cartier, à 185 000 euros», confie Osanna Orlowski, cofondatrice de Collector Square, une plateforme de revente d’accessoires, d’horlogerie et d’objets de luxe de seconde main. Car si les ventes d’articles neufs connaissent une petite contraction, il n’en est rien concernant l’occasion. «Le segment de la seconde main a affiché 7% de hausse en 2024, et représente déjà 13% du marché total du luxe. Sa croissance anticipée tourne autour de 10% par an jusqu’en 2030», précise Vincent Redrado, fondateur du cabinet de conseil DNG.

Selon une étude de Boston Consulting Group pour Vestiaire Collective, ce marché mondial pourrait même atteindre 325 milliards de dollars d’ici à 2030. Alors que les prix de la première main se sont envolés (+ 50% au cours des quatre dernières années, selon HSBC), l’achat d’occasion est donc entré dans les mœurs, y compris chez les consommateurs à fort pouvoir d’achat. «Les ménages ont plus conscience qu’avant de la valeur de ce que contient leur garde-robe, et ils vendent plus facilement ce qu’ils ne portent plus. Pour la plupart d’entre eux, la seconde main est d’ailleurs devenue une porte d’entrée vers le luxe», témoigne Pénélope Blanckaert, fondatrice de Penelope’s, une maison de vente aux enchères spécialisée dans la mode et le luxe. Une tendance que confirme Klemen Drole, le directeur des opérations de Vestiaire Collective : «Le sac Chanel Timeless, lancé en 1983 pour environ 1 000 euros, coûte aujourd’hui plus de 10 300 euros. Sur notre site, nous proposons une version vintage en bon état pour seulement 2 500 euros, soit une économie de 76 %.»

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