
C'est terminé ! Les négociations commerciales entre les marques et la distribution sur les prix 2025 des produits vendus en grandes surfaces sont officiellement closes depuis le samedi 1er mars à minuit. Si tous les accords ont été conclus, à quelques exceptions près, «ça s'est fini dans la douleur», indique à Capital, Jérôme Foucault, président de Pact’Alim, association qui compte dans ses rangs 3 000 PME et ETI alimentaires issus des métiers de traiteur, de la conserve, ou des surgelés... Traduction ? Le bras de fer a tourné en faveur des géants de la distribution comme Leclerc, Carrefour, Auchan ou encore U, et les marques n’ont pas réussi à faire passer des augmentations de tarifs. «Les hausses de coût des matières premières agricoles, des salaires, de l’énergie n’ont pas été totalement répercutées. Alors oui les tarifs de certains ingrédients baissent mais d'autres continuent d’augmenter», ajoute-t-il. À l’image des cours du café, du chocolat ou du jus d'orange, qui connaissent une flambée aux alentours de 20 à 25%, tandis que d’autres aliments, comme les céréales ou la volaille, voient eux leurs prix reculer (respectivement -15% et -7% en 2024). Alors l'inquiétude est palpable. «On va continuer de s’appauvrir et nos entreprises déficitaires sont de plus en plus nombreuses (33% en 2024 contre 19% en 2018, ndlr)», nous lâche Léonard Prunier, président de la FEEF (Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France), qui représente 22 000 entreprises, fournisseurs alimentaires et non-alimentaires de la distribution. Du côté des grandes multinationales comme Nestlé, Mondelez, ou Ferrero, le bilan des discussions ne serait guère plus satisfaisant.
Les prix seront stables voire en légère baisse
Résultat ? L’évolution des tarifs négociés pour 2025 est comprise entre 0 et -1%. «L’ajustement sera proche de zéro pour les marques qui réclamaient des hausses de 3 à 4%, et autour de -1% quand les demandes d’augmentation oscillaient entre zéro et +2%», nous explique Dominique Chargé, président de la Coopération Agricole.
Si les marques font grise mine, les distributeurs se frottent les mains. «La quasi-stabilité des prix sera bénéfique aux consommateurs après les années d'inflation que nous avons connues», indiquait dimanche 2 mars dans un communiqué, Layla Rahhou, la déléguée générale de la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD), qui rassemble les patrons des enseignes. Alors les consommateurs peuvent se réjouir… mais pas trop vite. Car le dernier mot tarifaire revient aux magasins, qui fixent le prix définitif des produits vendus dans leurs rayons. Il sera donc plus élevé que le montant conclu avec les marques car il doit aussi couvrir les salaires des employés, le loyer des magasins, l’énergie, la logistique… Sans oublier la marge que décide de s’attribuer le distributeur (environ 2% du prix de vente).
Les magasins veulent avoir les prix les moins chers possible
Alors même si le prix des étiquettes ne va pas valser -les enseignes sont bien trop occupées à faire revenir les consommateurs dans leurs rayons en essayant d’être le moins cher possible- attendez-vous tout de même à voir certains tarifs évoluer. «Il va y avoir des baisses de prix sur les produits de première nécessité comme les pâtes ou le riz mais les enseignes vont augmenter les tarifs sur d’autres articles très ciblés», nous explique Dominique Chargé. Mais rassurez-vous, le bond de 20% des étiquettes entre janvier 2022 et janvier 2024 est bien derrière nous !




















