
D’habitude silencieuse quand il s’agit de parler de ses performances, la Coopérative U (ex Système U) a dérogé à la règle cette année. Pourquoi jouer la carte de la réserve quand on peut fièrement annoncer que 2024 a été une année très satisfaisante ? «Les ventes en croissance de 4%, hors carburant, à 26,91 milliards d’euros, sont au-dessus de nos attentes et nous gagnons des parts de marché (+0,3 point à 12,1%, ndlr). Ça valide notre modèle», se félicite Dominique Schelcher, président de la Coopérative U, qui a présenté ce mercredi 12 février les résultats annuels 2024 de l’enseigne de distribution alimentaire à quelques journalistes, dont Capital.
Qu’il s'agisse des grands, des petits ou des moyens, tous les formats de magasins sont sur une tendance positive : un chiffre d'affaires en hausse de 5,3% pour les hypers, de 3,1% pour les supers, de 5,5% pour les points de vente de proximité et de 11% pour le drive. Alors que les Français ont mis moins d’articles alimentaires dans leur panier en 2024 (-0,9% en par rapport à 2023, selon Circana), U navigue à contre-courant avec une progression de ses ventes volume supérieure à son chiffre d’affaires, soit au-dessus de 4%. En revanche, le groupe ne livrera aucune autre information financière…
200 euros d’économies par mois
Tandis que Casino et Auchan coupent dans leurs effectifs avec des plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) et que Lidl se déleste de son dirigeant Michel Biero suite à des performances décevantes, comment expliquer le succès des 1 800 magasins de la Coopérative U ? L'arme secrète : des prix compétitifs qui ont attiré 200 000 nouveaux consommateurs cette année, sur un total 12 millions de clients, soit 41% de la population française. «Nous sommes les seuls à avoir maintenu un panier anti-inflation qui compte 150 produits vendus à prix coûtant», explique le président de la coopérative. S’ajoute à cela un généreux programme de fidélité : des journées avec des remises de -10%, qui ont lieu cinq fois dans l’année, et une réduction de 20% sur une sélection de produits à marque de distributeur (MDD) qui tournent tous les mois. «Si vous profitez de toutes les promos, vous économisez 200 euros par mois», affirme-t-il.
Pour 2025, la Coopérative U mise encore sur ses prix. «Nous allons investir plusieurs dizaines de millions d’euros sur les baisses de prix et sur les opérations de promotions en 2025, soit une enveloppe supérieure à celle de 2024», ajoute Dominique Schelcher. En revanche, alors que les enseignes alimentaires sont en pleines négociations commerciales avec les marques pour fixer les prix des produits en 2025, Dominique Schelcher a été très clair : il n’y aura pas de baisse de prix général. Selon lui, certaines marques «abusent» avec des demandes de hausses tarifaires trop élevées. «Avec eux, la situation est bloquée mais on ne met pas tout le monde dans le même sac. Même si on ne s’attendait pas à de telles demandes de hausses, nous avons réussi à conclure de très belles négociations avec de nombreuses marques», détaille-t-il.
Dominique Schelcher veut signer pour un second mandat
Face aux incertitudes du marché où les clients sont de plus en plus volatiles, U se lance un défi de taille : atteindre 15% de part de marché d'ici 2030. Entre l'intégration de 60 nouveaux franchisés en 2024, dont des anciens Intermarché, Carrefour ou encore Casino, et la transformation en cours des 183 points de vente de l'enseigne familiale de distribution française Schiever qui ont décidé de passer sous bannière U, la coopérative déploie ses ailes. Pour porter ces chantiers, le président, dont le mandat de six ans arrive à échéance en juin, a annoncé être candidat à sa propre succession. Pour le moment seul sur les rangs, Dominique Schelcher soumettra sa candidature aux votes des coopérateurs lors de l'assemblée générale de la Coopérative U, qui se tient en juin.



















