
C’est un véritable coup de massue pour une entreprise historique française. Spécialisé dans la fabrication de sirops et de jus de fruits, et inventeur du sirop en bidon en fer, Teisseire a vu le jour en 1720. Mais après des décennies de succès, les ventes ont fortement baissé et les pertes se sont accumulées. Passée dans le giron du Danois Carlsberg en 2024, l’entreprise dont le siège social se situe à Crolles en Isère, a annoncé jeudi 16 octobre à ses salariés et dans un communiqué «la fermeture de son site de production à Crolles dans le cadre d'une réorganisation globale de ses activités», rapporte ICI Isère.
Déplorant «l'absence de perspective d'amélioration, à court et moyen terme», et «confrontée à une situation économique et financière extrêmement difficile», Teisseire compte arrêter sa production en avril 2026 si aucun repreneur ne se manifeste d’ici là. Un coup dur pour les salariés de l’usine qui étaient en grève depuis plusieurs jours, craignant déjà pour leur emploi. «On n'arrive même pas encore à s'en remettre», témoigne auprès de nos confrères une salariée employée il y a trois ans, pour qui les prochains mois risquent d’être très compliqués. «Attendre encore six mois sachant que ça va fermer et retourner travailler comme si de rien n'était, je pense que c'est pire que si c'était une fermeture dans les semaines à venir.»
167 suppressions nettes d’emplois
Au total, 205 postes devraient être supprimés, dont 167 suppressions nettes puisque «le projet implique notamment la cessation des activités industrielles sur le site de Crolles et l’externalisation de son équipe commerciale». Pour une des opératrices du site, si la situation était compliquée depuis plusieurs mois, cette annonce est «une catastrophe», déplore-t-elle à France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. C’est pire encore pour ceux qui étaient employés depuis plusieurs décennies : «On est vraiment dégoûtés, car c’est une entreprise qui marchait très bien et d’un coup, on se retrouve sans boulot», fustige un salarié.
Pour la direction, la décision était «incontournable pour assurer la pérennité de l'entreprise». Le président de Teisseire, Christophe Garcia, assure avoir exploré toutes les solutions possibles. Une procédure d’information-consultation avec les représentants du personnel va être ouverte. La production sera, quant à elle, confiée au groupe normand Slaur-Sardet, indique France 3.
Concurrence des sodas, évolution des comportements…
Pourtant leader incontesté du sirop dans les années 1990, Teisseire a rencontré «un déclin ininterrompu de ses ventes depuis dix ans», à cause de la concurrence, des sodas, de l’évolution des comportements des consommateurs et de mesures réglementaires contraignantes. Même si Teisseire n’était pas à proprement visé par la taxe soda, l’entreprise en a pâti. Pour preuve, selon la direction, son résultat d’exploitation est passé de «près de 10 % du chiffre d’affaires en 2020 à une perte estimée à -2 % du chiffre d’affaires» en 2025.



















