Avant l’apparition des réseaux d’égouts, à Paris, les citoyens vendaient leurs urines et matières fécales aux agriculteurs pour qu’ils puissent les utiliser comme engrais dans leurs champs… Depuis que les fertilisants industriels ont remplacé la première solution d’azote que l’humain a connu, l’urine, difficile de percevoir de l'or au fond des toilettes. Mais il est possible que le liquide jaune revienne aux champs. Des associations, des chercheurs, quelques acteurs publics et des entreprises se mobilisent sur le sujet. Emmanuel Maurin, dirigeant d’Ecomodeo, une entreprise de toilettes sèches, confiait à Capital en janvier dernier : “le premier pays qui va s’y mettre va prendre une avance considérable”.

En effet, la composition minérale de l’urine est très intéressante pour les cultures et permettrait de décarboner l'agriculture, l’azote industriel étant fabriqué à partir de gaz. La réutilisation des urines éviterait la prolifération d'algues dans les rivières, la dépendance au phosphore marocain et au gaz étranger. Les arguments géopolitiques et environnementaux ne manquent donc pas. “Utiliser nos urines et matières fécales dans l'agriculture à grande échelle, y compris bio, comme sources d’engrais et de phosphore, ce n'est pas une lubie d’écolo”, tonnerre Louise Raguet, designer membre du programme de recherche sur les systèmes d’alimentation et la gestion des urines et matières fécales (Ocapi). Alors, le "pipi" est-il le nouvel or jaune ?

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