Envie d’une salade au sorgho ? Après tout, cette céréale riche en vitamines et en minéraux, qui plus est dépourvue de gluten, aurait tout pour séduire les consommateurs… Mais si elle devait finir par s’imposer dans nos assiettes, le mérite en reviendra plutôt à sa grande résistance au stress hydrique, qui séduit désormais nos cultivateurs à la recherche d’alternatives au maïs, trop gourmand en eau. Discrètement, ses longues tiges surmontées d'une houppette de graines remontent donc de l'Afrique jusqu'à l'Occitanie et au Bassin parisien, au point de couvrir 100.000 hectares, pour l’heure destinés à l’alimentation de bovins et de porcs.

Faut-il le rappeler: alors que les usages agricoles représentent près de 62% de la consommation d’eau douce en France, et qu’une vache peut boire jusqu’à 100 litres d’eau par jour en plein été, le monde paysan risque gros face au réchauffement climatique. Un peu partout, la mosaïque de nos campagnes se recompose donc. D'ores et déjà, le tournesol gagne le Nord, tandis que le quinoa colonise la Mayenne, que la pistache verdit dans le Vaucluse, et que la vigne s'enracine en Ille-et-Vilaine… Quant au blé, il pourrait même grimper à 1.200 mètres d’altitude d’ici à 2050, selon les prévisions d’Arvalis, un institut technique lié aux grands producteurs.

Nos agriculteurs ont-ils d’ailleurs le choix? Les nouvelles périodes de sécheresse aggravée, qu’ils ne manqueront pas d’affronter, seront pour eux synonyme d'interdiction d'irriguer, afin de préserver les nappes phréatiques. Fin mars, Emmanuel Macron a d’ailleurs présenté son plan eau, qui vise à stabiliser les prélèvements, alors même que les hectares de terre à arroser vont a priori aller croissant.

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