La France est-elle à la traîne dans le traitement de l’eau? Plus de 90% des eaux usées sont ainsi réutilisées en Israël, 14% en Espagne, 8% en Italie et… seulement 1% en France. Des chiffres mis en avant par le gouvernement pour justifier de s’y intéresser dans son plan eau. Et tout le monde s’en réjouit.

Cependant, la comparaison fait mal et ne manque pas d’agacer les spécialistes. «Cela n’aurait aucun sens de vouloir atteindre le niveau d’Israël. Car il est faux de croire que l’eau qui sort des stations d’épuration est gaspillée. Elle sert souvent à alimenter les débits des rivières, qui baissent pendant la période estivale. Si on la capte pour la réutiliser ailleurs, le cours d'eau ne sera plus suffisant pour assurer tous les usages», nuance Eric Sauquet, directeur de recherche en hydrologie à l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement). Pour l’hydrologue, gare aux solutions prétendument miracles, fournies clés en main. «Elles ne peuvent pas être généralisées», fait-il encore observer.

La France, précurseure de la gestion de l'eau dès 1964

Il faut commencer par évaluer les besoins des différents territoires. La France dispose pour cela de sérieux atouts. Nous l’avons oublié un peu vite, mais notre pays a été longtemps précurseur en matière de gouvernance de l’eau. La loi du 16 décembre 1964 a instauré une gestion locale en délimitant six grands bassins hydrographiques, des zones géographiques irriguées par un même fleuve et ses affluents. A leur tête, les agences de l’eau, qui sont des établissements publics administratifs. Et des comités de bassin qui assurent la concertation entre acteurs publics, privés et usagers.

La suite est réservée aux abonnés
Offre spéciale -30% avec le code HIVER26
  • Accès à tous nos articles pour comprendre l’économie
  • Des conseils pratiques et solutions concrètes pour gérer vos finances
  • Lecture immersive, publicité limitée
  • Sans engagement