Le patron de Nvidia, Jensen Huang, s'attend à ce que la Chine finisse par ouvrir son marché aux puces américaines haut de gamme capables d'entraîner et de faire fonctionner des systèmes d'intelligence artificielle (IA). M. Huang a cependant déclaré lundi 18 mai à Bloomberg Television qu'il n'avait pas traité des ventes du puissant modèle H200 avec le président chinois Xi Jinping ou avec le Premier ministre Li Qiang à Pékin. «Je n'ai pas discuté directement du H200 avec eux», a-t-il dit, bien que «le président Trump ait eu quelques conversations avec les dirigeants».

Le patron de Nvidia s'est rendu à Pékin la semaine dernière, en tant que membre de la délégation qui a suivi le président américain Donald Trump lors de son sommet avec son homologue chinois Xi Jinping. Les deux superpuissances se livrent une course féroce pour la suprématie dans le domaine de l'IA et la puce H200 était encore récemment interdite à la vente en Chine par Washington, pour des raisons de sécurité nationale.

La Chine accélère sur ses propres puces

Pourtant, rien n'indique que les entreprises technologiques chinoises les achètent. Pékin accélère le développement de ses propres puces afin de remettre en cause la position dominante américaine dans ce secteur clé. «Les puces H200 sont autorisées à la vente en Chine. Mais le gouvernement chinois doit décider de la part de son marché local qu'il souhaite protéger», a expliqué M. Huang. «Mon sentiment est qu'avec le temps, le marché va s'ouvrir», a ajouté le patron de Nvidia, l'entreprise la plus valorisée au monde en Bourse, grâce à l'énorme demande autour de l'IA.

Donald Trump avait déclaré en décembre qu'il était parvenu à un accord avec Xi Jinping pour assouplir les restrictions sur les puces H200, une décision qui, selon certains parlementaires américains, pourrait aider l'armée chinoise. Les produits les plus haut de gamme de Nvidia, les séries Blackwell et la future architecture Rubin, restent quant à eux interdits à la vente en Chine. Xi Jinping a affirmé jeudi devant la délégation américaine que «la porte de l'ouverture de la Chine continuera de s'ouvrir toujours plus grand». «Les entreprises américaines auront des perspectives encore meilleures en Chine», avait souligné le dirigeant chinois, cité par l'agence Chine nouvelle.