Ce mercredi 26 février, Karine Le Marchand a fait une belle déclaration de désamour à Leclerc. Fidèle soutien du monde agricole et pilier du Salon international de l’agriculture (SIA), l’animatrice de l’émission L’Amour est dans le pré a vivement regretté que le numéro 1 français de la distribution, n’ait pas répondu à son appel aux géants du secteur. Au départ pourtant, la présentation de cette initiative, censée permettre de sortir des agriculteurs de la précarité en leur ouvrant les portes des grandes surfaces proches de chez eux, s’était faite dans une ambiance bon enfant.

«Je suis émue et contente d’avoir réuni ces cinq enseignes», s’était-elle réjouie en préambule, installée à côté des patrons de Coopérative U, Carrefour, Casino, Intermarché et Auchan. Une forme d’union sacrée que la grande distribution n’était parvenue à afficher que durant le Covid, et qu’elle a accepté de reformer pour défendre «la souveraineté alimentaire française». Alors forcément, l’absence du leader, aux 24% de parts de marché et aux plus de 700 magasins a surpris.

«Il n’est pas là ce matin, il sera là demain», espère le PDG de Carrefour.

Et même si le géant de Landerneau n'était pas le seul acteur absent du SIA 2025, son refus de rejoindre ce mouvement a eu besoin d'être expliqué. C’est d’abord Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour qui a tenté de minimiser l’absence du très médiatique Michel-Edouard Leclerc à leurs côtés. «Nous sommes cinq, ça fait des dizaines de millions de consommateurs. Le groupement Leclerc est engagé aux côtés du monde agricole et je suis convaincu qu’ils viendront à terme : ils seront à nos côtés, je n’ai aucun doute», a indiqué celui qui est aussi le patron de la fédération de la distribution (FCD). «Il n’est pas là ce matin, il sera là demain», a voulu croire Alexandre Bompard.

Mais alors que le sujet semblait clos et que des questions étaient posées sur le mécanisme du système et sa crédibilité, si Leclerc restait en dehors du jeu, l’animatrice est sortie de sa réserve, admettant «un certain énervement personnel». Alors que le mécanisme présenté doit reposer sur trois piliers, parmi lesquels un espace dédié aux produits de petites fermes en difficulté, la création d’un système d’alerte en cas de surproduction et la mise en place d’un observatoire, Karine Le Marchand a admis que le refus du Mouvement Leclerc avait aussi limité les ambitions du projet. «Au départ, on avait un quatrième pilier qu’on a dû abandonner parce qu’il n’était pas là, pour permettre de mettre la pression sur les industriels», a vivement regretté l’animatrice de M6 et fervent soutien du monde agricole. Un pilier sur quatre de perdu, et sans doute pas le moindre, étant donné que les produits transformés représentent l’essentiel des débouchés des agriculteurs.

Pour justifier son absence, le Mouvement Leclerc a tenu à expliquer sa position. «Nous saluons la démarche de Karine Lemarchand et de nos confrères distributeurs, pleinement alignée avec notre philosophie. Notre absence à cette réunion ne remet pas en cause notre soutien envers les agriculteurs français. Au contraire, nous avons déjà mis en place de nombreuses initiatives pour l'agriculture locale et assurer une rémunération équitable des producteurs», a indiqué l’enseigne par écrit. Mais Karine Le Marchand n’oubliera pas de sitôt qu’avec presque un quart du marché français de la grande consommation, le grand défenseur du pouvoir d’achat n’a pas souhaité s’afficher aussi comme un avocat du monde agricole.