
Son visage ne vous est certainement pas familier. Pourtant, Marguerite Bérard s’apprête à devenir l’un des futurs grands noms du secteur bancaire après sa nomination, mercredi 23 avril, à la tête de la banque néerlandaise ABN Amro. À 47 ans, celle qui est sortie en 2004 major de sa promotion «Léopold Sédar Senghor» de l’École nationale d’administration (ENA) - la même qu’Emmanuel Macron -, après un passage à Sciences Po et un master à l’université américaine de Princeton, est ainsi devenue la première femme française à diriger une grande banque européenne. «Je suis honorée de me voir confier la responsabilité de diriger la banque dans les années à venir», a-t-elle fait savoir dans un communiqué.
Sortie de l’ENA, Marguerite Bérard opte d’abord pour une carrière consacrée aux affaires sociales à l’Inspection générale des Finances. Libérale, elle met ensuite ses compétences au service de Nicolas Sarkozy avant de devenir conseillère à l’Élysée. Un poste qu’elle occupera entre 2007 et 2010, avant de devenir la directrice de cabinet de Xavier Bertrand, alors ministre du Travail, rapporte 20 Minutes.
Départ surprise de la BNP en 2024
L’arrivée au pouvoir de François Hollande en 2012 fait alors prendre un nouveau tournant dans sa carrière et la propulse dans le privé. Arrivée par la grande porte chez BPCE - un groupe coopératif de banque universelle et d’assurance - en tant que directrice générale adjointe en charge notamment de la stratégie, elle bascule ensuite dès 2019 chez BNP Paribas pour prendre la direction de la banque commerciale en France.
Travaillant sans relâche pour donner un nouveau souffle à la banque commerciale, Marguerite Bérard s’imaginait succéder à Jean-Laurent Bonnafé en poste depuis 2011, en qualité de directeur général de l’établissement bancaire. Le poste étant loin d’être vacant et le comprenant assez rapidement, celle qui est au fil du temps devenue une banquière chevronnée décide en mars 2024, à la surprise générale, de claquer la porte du jour au lendemain et quitte la BNP. Pressentie depuis plusieurs mois pour prendre la tête de la banque ABN Amro, l’ancienne haute fonctionnaire s’était lancée dans l’apprentissage du néerlandais. Une mission accomplie avec succès qui lui permet un an plus tard de se retrouver en pleine lumière.
















