
Après de multiples tractations et une prolongation de 48 heures des négociations, un accord vient d’être conclu autour de la vente de SFR. Comme le rapporte Le Parisien, les opérateurs Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange ont annoncé, dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 juin, avoir signé un protocole d’accord avec Altice France. Le montant total de la transaction, lui, est de 20,35 milliards d’euros. Pour rappel, une première offre d’achat à 17 milliards avait été faite en octobre 2025, mais refusée par Altice France. Par la suite, les opérateurs étaient entrés en négociation début janvier 2026 pour s’accorder sur les modalités d’acquisition de SFR.
Après cette annonce, les trois entreprises se sont, dans un communiqué, félicitées de cette transaction qui représente «l’une des plus importantes opérations industrielles en Europe dans le secteur des télécommunications». Pour autant, cet accord n’est pas encore totalement finalisé. En effet, cette transaction qui fait se profiler une reconfiguration inédite des opérateurs en France doit encore être soumise à l’examen des autorités de la concurrence. «À ce stade, il n’y a aucune certitude que cette opération soit réalisée», ont prévenu les trois groupes de télécommunications.
Les abonnés SFR partagés entre les trois groupes
Concrètement, après le rachat de SFR, les trois opérateurs racheteurs vont se partager les abonnés, les actifs et les clients professionnels de SFR. En fait, 42 % reviendraient à Bouygues, 31 % à Free, 27 % à Orange. Cette répartition concernera donc les 25 millions d’abonnés SFR. Malgré ce rachat, les services, eux, ne seront pas interrompus, qu’il s’agisse de l’accès à internet ou de la téléphonie. Impossible toutefois de savoir vers quel opérateur chaque client de SFR va basculer.
Si la revente aboutit, pas de panique, les contrats de chaque client continueront quand même de s’appliquer. Chaque numéro de téléphone restera inchangé en raison du principe de la portabilité des lignes qui s’appliquera comme c’est le cas lorsqu’un client change d’opérateur. Cependant, la moindre modification de contrat entraînée par les nouveaux opérateurs serait accompagnée de la possibilité de résilier le contrat, sans frais. Quoi qu’il en soit, chaque client de SFR sera informé de la vente et du nouvel opérateur reprenant le client.
Des prix sous surveillance
Si SFR disparaissait complètement du marché de la téléphonie, le paysage du secteur en serait profondément bousculé. D’abord par l’absence d’un concurrent, qui amène la possibilité pour les opérateurs restants d’augmenter les prix des forfaits. Jusqu’ici, le secteur français était composé de quatre acteurs depuis 2012, et une guerre des prix continue permettait aux clients d’obtenir les meilleures offres possibles.
Car c’est bien la question d’une hausse des prix qui inquiète les clients. «Le passage avec trois opérateurs va occasionner une petite augmentation car la France a déjà les forfaits les moins chers d’Europe», explique Vincent Roger-Machart du cabinet Decision. Et de préciser : «Les hausses seront progressives et pas immédiates jusqu’à ce que les opérateurs aient besoin de faire de nouveaux investissements dans leurs réseaux.»


















