Dans les bus parisiens, la chasse aux "mouches" est ouverte. Le but n’est pas d’anéantir des nuées d’insectes à coups de tapette. Pour les quelque 18.000 conducteurs franciliens, il s’agit de repérer les agents de la brigade de surveillance du personnel qui les espionnent incognito. "Quand un chauffeur la ramène un peu, prend son service en retard ou s’absente trop souvent, nos managers lui envoient un examinateur pour le piéger. C’est un mouchard, mais on préfère l’appeler 'la mouche' parce que c’est encore moins ragoûtant, comme cette façon de nous traiter', peste un délégué syndical. Un passage à l’orange, des paroles déplacées envers un usager peuvent conduire à un recadrage ou à une mesure disciplinaire.

Pas de quoi réchauffer la morne ambiance qui glace les couloirs de la RATP. Démissions en série, explosion des arrêts maladie, grèves individuelles sans préavis (sic)… "Si la direction continue de faire la sourde oreille face à la dégradation de nos conditions de travail, l’hiver promet d’être rude pour nos usagers", avertit Arole Lamasse, secrétaire général de l’Unsa-RATP. L’automne fut déjà bien maussade. Courant novembre, avant l'annonce d'une hausse du tarif mensuel du passe Navigo de près de 12%, à 84,10 euros, dès 2023, un quart des services de bus n’était toujours pas assuré : la Régie cherche toujours à recruter 400 conducteurs. Dans le métro, ce n’était pas beaucoup mieux. Seules quatre lignes tournaient à plein régime. "Inacceptable! ", s’est emportée Valérie Pécresse, la présidente d’Ile-de-France Mobilités (IDFM), l’autorité organisatrice des transports parisiens, en infligeant une pénalité de 100 millions d’euros à la RATP.

La suite est réservée aux abonnés
Abonnez-vous à Capital Profitez de -40% sur votre abonnement annuel standard
  • Accès à tous les articles réservés aux abonnés
  • Le magazine en version numérique
  • Sans engagement