
Elle est adoubée chaque année, elle brille au soleil et elle est réputée à travers le monde. A Roland-Garros, on ne voit qu’elle sur les courts : la terre battue ocre de la porte d’Auteuil. Chaque année, ce sont pas moins de 70 tonnes qui sont acheminées sur les courts du tournoi du Grand Chelem parisien. Or, ce que l’on sait peut-être moins, c’est que l’entreprise qui se cache derrière cette terre ocre est Française, et surtout nordiste, explique France 3 Hauts-de-France.
Malmenée actuellement par la canicule qui frappe la région parisienne (et une grande partie de la France), arrosée à tous les sets pendant les matchs, la terre battue des Internationaux de France provient de briques rouges. Toutefois, l’entreprise Terbasol qui la fabrique se garde bien de dévoiler tous ses secrets. En réalité, l’entreprise située à Wasquehal (Nord) ne fournit le tournoi que depuis deux ans. Après un long processus de sélection, des tests réalisés par des techniciens et des joueurs professionnels, Terbasol a obtenu le graal.
Plus de sept mois de préparation
Interrogé par Frace 3, le patron de la société, Nicolas Pollet, explique fournir les matériaux, à savoir «la couche de sable qui se situe en dessous et la brique pillée au-dessus». Et tout est une histoire de préparation. Une première livraison a lieu au printemps, pour «la réfection des courts», et l’autre pendant le tournoi, la terre battue est alors utilisée «pour l'entretien des terrains». Le patron de Terbasol la qualifie même de «Formule 1 du tennis sur terre battue».
Mais le travail se prépare encore plus en amont du côté de l’entreprise nordiste : elle achète d’abord des briques dans les briqueteries des Hauts-de-France, puis des mélanges sont réalisés en Belgique. La recette exacte ? La société ne la dévoile pas : «On veut garder le mythe de la terre battue de Roland-Garros», confie Nicolas Pollet auprès de France 3. Mais l’équilibre à trouver est loin d’être aisé.
Trop peu de terrains en terre battue en France
«S'il y a trop de terre, ça peut créer des faux rebonds, s'il n’y en a pas assez, on voit le sable», résume le patron. Depuis que Terbasol livre le tournoi parisien, Venus Williams l’a même félicitée : «De toutes les surfaces et les tournois, c'étaient les meilleurs terrains en terre battue», lui a-t-elle confié. Loin donc des polémiques qui émaillent le Masters 1000 de Rome depuis quelques années. Si la terre battue parisienne est louée, la France ne dispose pourtant que de très peu de terrains : 16%, bien loin des 60% en Espagne !












