Après des années d’opposition et de contraintes juridiques ou diplomatiques, la Corée du Sud va bien avoir son nouveau sous-marin d’attaque à propulsion nucléaire. Comme l’explique le site Zone Militaire, cela fait bien une trentaine d’années que le Pays du Matin calme souhaite renforcer ses capacités navales. Mais jusqu’alors, la Corée du Sud était bloquée par l’accord 1.2.3 signé avec les Etats-Unis, lui interdisant d’enrichir de l’uranium à plus de 20%, de retraiter du combustible nucléaire usé et surtout d’utiliser de la matière fissile d’origine américaine à des fins militaires.

Dans ces conditions, difficile d’imaginer la construction d’un sous-marin nucléaire d’attaque. Mais la situation géopolitique a changé la donne, à commencer par les velléités nucléaires de son voisin, la Corée du Nord. Alors que l’accord 1.2.3 a été revu en novembre dernier, rappelle Zone Militaire, Washington a donné son accord pour la construction d’un tel sous-marin. Si Donald Trump avait assuré dans un premier temps que la construction se ferait dans les chantiers navals de Philadelphie, ce ne sera pas le cas.

Opérationnel à la fin des années 2030 ?

C’est le ministre sud-coréen de la Défense en personne qui l’a confirmé le 9 novembre dernier. «Nos forces armées ne s’y préparent-elles pas depuis plus de 30 ans avec des efforts constants ? Nous estimons avoir atteint un niveau significatif et être sur le point d’achever le projet, pourvu que le combustible soit disponible», a mis en avant Ahn Gyu-back. Et si l’assemblage final du réacteur et la technologie des dispositifs de conversion d’énergie sont des technologies normalement longues, environ dix ans, «nous pouvons y parvenir dans un délai plus court», avait-il lancé.

Ces derniers jours, Ahn Gyu-back a bien confirmé que la construction se ferait «sur le territoire national» et avec «notre propre technologie». Si le premier bâtiment est prévu au milieu des années 2030, il devrait être opérationnel avant la fin des années 2030. Ce SNA doit agir comme un levier de l’économie locale, mais il vise surtout à «garantir l’autonomie et la stabilité en matière d’acquisition», indique le plan présentant le projet.

De l’uranium faiblement enrichi

Appelé Jangbogo-N, il permettra de créer «40 000 emplois hautement qualifiés et stables» et de «renforcer fondamentalement la compétitivité industrielle régionale et le potentiel de croissance», peut-on lire. Point notable de ce sous-marin : les réacteurs nucléaires fonctionneront avec de l’uranium faiblement enrichi (moins de 20%), précise Zone militaire. Un élément qui le rapproche de sous-marins français de type Suffren. «La Corée du Sud remplira fidèlement ses obligations en matière de non-prolifération tout au long du processus d’approvisionnement et de gestion de l’uranium faiblement enrichi», a martelé le ministre sud-coréen de la Défense.