Le 27 mai dernier, le monde entier avait les yeux rivés sur Boca Chica, petit village du sud du Texas, pour le neuvième essai du Starship. La fusée géante de SpaceX, propulsée par 33 moteurs Raptor, décollait avant d’exploser en vol. Échec ? Pas pour Elon Musk. Le milliardaire californien multiplie les ratés, pour apprendre et, à terme, pour envoyer des humains sur Mars à l’horizon 2030.

Afin de tenir ce pari fou, le magnat de la tech est en train de bâtir un campus dont l’inspiration vient des company towns des siècles passés : les cités Michelin à Clermont-Ferrand ou Pullman, la ville-usine du rail née au XIXe siècle près de Chicago. «Musk s’inspire de ces modèles, souvent marqués par un paternalisme social assumé, qui ont émergé avec l’industrialisation et permettaient de disposer d’une main-d’œuvre stable et encadrée dans des sites éloignés des centres urbains», décrypte Richard A. Walker, professeur émérite en géographie à l’université de Californie à Berkeley.

À quelques kilomètres du pas de tir, des bâtiments ne cessent d'émerger des sables. En dix ans, le site a été métamorphosé : l’atelier presque artisanal du début a laissé place à une Starfactory de 9 hectares censée produire à terme 1 000 fusées par an. À côté, un centre de contrôle dernier cri surveille les lancements. Tout autour, des terrains ont été rachetés, et une nouvelle voirie s’installe.

Starbase étend son territoire

La suite est réservée aux abonnés
Abonnez-vous à Capital Profitez de -40% sur votre abonnement annuel standard
  • Accès à tous les articles réservés aux abonnés
  • Le magazine en version numérique
  • Sans engagement