
La compagnie de taxis G7 a-t-elle été coupable de pratiques assimilées à de la concurrence déloyale ? C’est ce que lui reproche en tout cas un de ses concurrents, le géant des VTC, Uber, nous indique Radio France. La multinationale américaine accuse en tout cas G7 d’avoir mis en place un système de faux comptes en 2024 pour espionner et nuire à ses chauffeurs indépendants. A cette époque, des chauffeurs Uber alertent la plateforme sur le fait que des comptes clients utilisant des pseudonymes réalisent des centaines de réservations.
Au total, un seul des comptes aurait émis 3 000 réservations avant de quasiment toutes les annuler. Problème, Uber assure que la totalité des réservations effectuées provenait du 22 rue Henri Barbusse à Clichy (Hauts-de-Seine). Or, il s’agit précisément du siège de la compagnie G7. La centrale serait également coupable de campagnes d’espionnage des chauffeurs Uber, dont certains auraient été sanctionnés arbitrairement et intimidés, note Radio France.
L’application Uber Taxi dans le viseur de G7 ?
C’est pour cette raison qu’Uber a saisi l’Autorité de la concurrence, ce qui a donné lieu mardi 17 février à une perquisition au siège de G7. Selon Uber, les manœuvres de G7 viseraient à déconseiller aux chauffeurs indépendants d’utiliser l’application Uber Taxi, mettant en relation des clients avec des taxis non affiliés. Contactée par Radio France, l’Autorité de la concurrence a confirmé avoir procédé «à une opération de visite et de saisie inopinée auprès d’une entreprise suspectée d’avoir mis en œuvre des pratiques anticoncurrentielles dans le secteur du transport public particulier de personnes».
Sans préciser le nom de la compagnie, elle ajoute que cette intervention «ne préjuge en rien de la culpabilité de l’entreprise concernée». Lancée en 2022, l’application Uber Taxi reste floue, car la société californienne n’a jamais communiqué sur le montant de la commission qu’elle perçoit sur les différentes courses, rappelle BFM. Depuis son lancement, environ 4 000 taxis se sont inscrits dessus, l’incitant à se lancer dans d’autres villes comme Rennes ou Dijon.
Une querelle loin d’être nouvelle
Cette affaire est un nouvel épisode qui oppose les deux sociétés depuis l’arrivée il y a plus de quinze ans d’Uber sur le marché français. De nombreux chauffeurs de taxi ont lancé des procédures pour concurrence déloyale contre Uber, débouchant notamment sur un durcissement de la loi Thévenoud imposant davantage de contraintes aux chauffeurs VTC. Début février, on apprenait que la plateforme américaine se voyait réclamer 1,7 milliard d’euros par l’Urssaf. Elle est accusée d’avoir dissimulé sa relation avec ses salariés pour échapper à ses obligations.




















