Jeudi 5 février, le jury fédéral de Phoenix, en Arizona, a reconnu la responsabilité d’Uber dans le viol commis par l’un de ses chauffeurs sur une cliente âgée de 19 ans, Jaylynn Dean, selon Cnews. Le jury a donc condamné la plateforme à payer 8,5 millions de dollars, soit plus de 7,2 millions d’euros à la victime. Les jurés ont motivé leur décision en considérant que le conducteur est agent d’Uber, et que ses comportements engagent donc la responsabilité de l’entreprise.

Cette plainte pour viol contre Uber était la première à être jugée aux États-Unis. Mais ce n’est pas la première plainte de ce type contre la plateforme. Aujourd’hui, 3 000 plaintes pour violences sexuelles ont déjà été déposées, rendant ainsi la décision du jeudi 5 février historique. L’indemnisation retenue est toutefois bien inférieure à celle demandée initialement par les avocats de la victime, qui s’élevait à plus de 140 millions de dommages et intérêts. Le jury a cependant reconnu la responsabilité directe d’Uber.

Un jugement contesté

De son côté, la plateforme souhaite faire appel de la décision et continue d’affirmer qu’elle n’est pas responsable du comportement de ses chauffeurs. La société insiste par ailleurs sur le fait que plusieurs autres accusations de la plaignante ont été rejetées par le jury, comme celle de négligence générale et de défaillance de sa sécurité.

Les faits jugés, eux, remontent à 2023. À l’époque, la victime revenait du domicile de son petit ami en état d’ébriété selon la plainte et souhaitait regagner son hôtel. Le chauffeur aurait commencé par poser plusieurs questions intrusives à sa cliente, avant d’arrêter le véhicule et de la violer. Durant le procès, les avocates de la victime ont rappelé que la compagnie de chauffeurs se présente encore aujourd’hui comme une solution de sécurité pour les femmes seules devant se déplacer de nuit.