
50 bougies et pas une ride ! L’enseigne de mode star du groupe espagnol Inditex (Pull&Bear, Bershka, Massimo Dutti...), s’offre un jubilé XXL. L’aventure commence le 9 mai 1975, à La Corogne, en Espagne, quand Amancio Ortega — aujourd’hui première fortune espagnole avec 67 milliards d’euros au compteur — ouvre son premier magasin Zara. Aujourd’hui, sa fille Marta Ortega Pérez, présidente non exécutive d'Inditex depuis 2022, tient les rênes d’un empire tentaculaire devenu leader mondial de la mode : 1 800 boutiques Zara dans 96 pays, dont près de 300 en France.
Pourtant, entre la crise du pouvoir d’achat, l'inflation, la concurrence des plateformes chinoises d'ultra fast fashion comme Shein et Temu… la mode «mass market» mord la poussière - la preuve avec le nombre d'enseignes qui ont été rayées de la carte ces dernières années. Mais pas pour Zara. En 2024, elle affiche des résultats à faire pâlir d’envie ses concurrents : des ventes à 27,7 milliards d'euros, en hausse de 6,6% ! Pendant ce temps, son concurrent suédois H&M s’essouffle. Il ferme 94 boutiques et enregistre un recul de 1% de son chiffre d’affaires.
Des gammes courtes et peu de stocks
Les raisons de cette success story ? L’agilité et la force de réaction du modèle Zara. Il lui faut à peine quelques semaines pour fabriquer et mettre en rayon une nouvelle collection, dont 50% des articles sont désormais produits en Espagne, au Portugal, au Maroc et en Turquie. Avec des gammes courtes et des stocks maîtrisés (moins de 3%), les ventes au rabais sont limitées. «Zara a une grande faculté à renouveler fréquemment une partie de son offre en réussissant à créer un sentiment de rareté dans l’esprit des consommateurs», nous expliquait il y a quelques semaines, Olivier Salomon, partner & managing director chez Alix Partners. La preuve avec ses collections capsules, ces fameuses gammes éphémères élaborées avec des créateurs mondialement connus, qui partent comme des petits pains.
Les dernières en date : après avoir signé avec le styliste italien Stefano Pilati et Kate Moss fin 2024, Zara a annoncé en janvier une capsule masculine signée Samuel Ross, artiste et créateur de mode britannique, et travailler avec le géorgien Beka Gvishiani, nouvelle coqueluche de la planète mode. Mais Zara, ça n'est pas uniquement des jupes, des cols roulés ou des accessoires tendances. C’est aussi une stratégie de diversification menée avec brio. En 2003, la marque réussit le pari de se lancer sur le créneau de la décoration et de la maison avec Zara Home. En 2021, elle innove avec une gamme de vêtements dédiée au sport Athleticz et, en novembre dernier, elle a inauguré son premier coffee shop à Madrid, baptisé Zacaffè.
Une collection spéciale anniversaire
Alors pour célébrer son jubilé, Zara sort le grand jeu. Le photographe Steven Meisel, qui a travaillé pour Chanel, Calvin Klein, Valentino et vient de signer une campagne pour Miu Miu, a réalisé un film à cette occasion, «50 ans, 50 icônes», qui réunit un casting de stars comme Cindy Crawford, Linda Evangelista, Naomi Campbell, Carla Bruni, portant les pièces iconiques de la marque. Bonne nouvelle, vous allez pouvoir vous l’offrir ! Cette collection spéciale anniversaire, qui compte quelques centaines d’articles, est en vente pour une quinzaine de jours sur le site internet de la marque et dans certains magasins phares de l’enseigne, dont celui des Champs Elysées à Paris. Parmi eux : un haut bustier noir à 39,95 euros, un blazer à 89,95 euros, une robe longue satinée à 59,95 euros, un pantalon en cuir à 239 euros ou encore des chaussures à brides en cuir à 59,95 euros.
Mais un sujet risque de troubler la fête : les droits de douane que compte appliquer le président américain, Donald Trump, à toutes les importations européennes sur son territoire. Ces mesures, si elles sont mises à exécution, risquent de faire chuter la consommation de mode aux États-Unis – deuxième marché d’Inditex après l’Espagne…

















