Envie de pimper votre intérieur avec un plat en métal émaillé et des chaises de style bistrot ? Ou alors de parader avec le dernier cardigan à la mode ? Vous êtes nombreux à arpenter les allées des rayons de Monoprix (groupe Casino) pour vous faire ces petits plaisirs. «C’est une offre qui fonctionne très bien avec des marques fortes», confie à Capital Thomas Graffagnino, managing director, marketing et customer strategy chez Sia Partners. Alors que le secteur de la déco traditionnelle est à la peine, et celui de la mode en pleine tourmente -le nombre de fermetures d‘enseignes l’atteste-, Monoprix s’en sort plutôt bien. «Sur le dernier trimestre 2024, les ventes de textile chez Monoprix sont en hausse de 5,7%, quand le reste du marché ne progresse que de 1,4%, et les achats de nos article dédiés à la maison sont en croissance de 1,3%», se félicite Alfred Hawawini, directeur général de Monoprix depuis fin septembre 2024.

De quoi redonner un début de sourire à l’enseigne, dont les résultats financiers ne sont pas au rendez-vous (un chiffre d’affaires à 1,1 milliard d’euros en 2024, en recul de 1,1% par rapport à 2023). Alors le staff a décidé de mettre les bouchées doubles sur ces articles textile-maison-loisir, qui représentent 25% des ventes. À l’horizon ? Des nouvelles collaborations exclusives avec des designers reconnus. Dès le 26 mars, vous pourrez craquer pour des articles de décoration (art de la table, linge de maison, petit mobilier, luminaire), inspirés de la maison marseillaise Honoré. À partir du 23 avril, c’est la designeuse Garance Vallée qui prendra le relais avec des produits dédiés à l’art de la table. Des objets de déco et de la mode seront signés Caroline de Benoist en mai, et début juin, place à la première collection de mobilier élaborée avec les antiquaires et galeristes Aurélien Jeaunneau et Jérémy Pradier. Mais rassurez-vous : qui dit chic et élégant ne dit pas ruineux ! «Nous restons toujours compétitifs avec des prix accessibles», confirme Alfred Hawawini. Pour la collection Honoré, comptez 65 euros pour une nappe, 12 euros pour une assiette à dessert, ou encore 160 euros pour un bureau mais tout de même 350 euros pour un fauteuil. «Ces collaborations avec des créateurs reconnus répondent aux attentes des consommateurs, notamment urbains, qui sont moins sensibles au prix», nous explique Olivier Salomon, partner & managing director chez AlixPartners.

Quand Monoprix s’inspire de Zara

Et pour profiter de ces pièces uniques, dépêchez-vous ! «Ces collaborations sont disponibles pendant un mois. On joue la carte de la rareté et ça marche !», se félicite le directeur général de Monoprix. Une stratégie empruntée à l’enseigne de mode Zara… Preuve que ces collab’ s’arrachent comme des petits pains ? Certaines pièces peuvent se revendre aux enchères à des prix exorbitants : par exemple, le tabouret Picolo de l’artiste India Mahdavi, dont le prix était affiché à 88 euros chez Monoprix, est revendu à 1 837 euros chez Artcurial…

Mais Monoprix ne s’arrête pas à ces événements éphémères. L'enseigne met le turbo sur le sportswear et prévoit là aussi une rafale de nouveautés pour les mordus d'activités en plein air, de golf ou de tennis, dont les produits sont tous désignés en interne.

Booster les ventes sur internet grâce à l’IA

Alors que les aficionados des articles de mode, de loisirs et de maison Monoprix font la quasi-totalité de leurs emplettes dans les magasins, l’enseigne a en parallèle investi sur son site internet en février 2024, pour séduire de nouveaux clients. L'objectif est que ces ventes issues du digital passent de 6% à 10%, si ce n’est 15%, d’ici à 2028. C’est d’autant plus envisageable que les clients qui commandent en ligne dépensent jusqu’à trois fois plus que dans les magasins. Depuis la refonte du site, les résultats sont d’ailleurs plus qu’encourageants : les ventes online de mode et de maison ont bondi de 52%. Comment ? En boostant la plateforme internet grâce à l’utilisation de l’intelligence artificielle : une meilleure mise en avant des produits et un assistant chatbot pour guider et répondre aux questions des acheteurs. «Remonter les ventes sur le digital, c’est faisable. Les investissements restent bien plus modérés que pour relooker des magasins, et les gains sont rapides», avance Thomas Graffagnino chez Sia Partners.

Prochaine mission : injecter une dose de glamour supplémentaire aux produits de beauté. «Aujourd’hui, ces articles ne représentent que 3 à 4% de nos ventes en ligne, il y a donc un vrai potentiel», annonce Alfred Hawawini.