Depuis deux ans, les habitants d’une copropriété privée de 57 logements, située à Mulhouse, vivent un enfer. A cause de mauvais payeurs, leur immeuble est laissé à l’abandon : l’ascenseur n’est pas réparé et les parties communes ne sont pas entretenues, raconte TF1. Le syndic affiche une dette de plus de 450 000 euros. Résultat : le quotidien des habitants est devenu un véritable calvaire. Jonathan doit, par exemple, monter 12 étages avec ses enfants exténués à chaque sortie d’école. Le père de famille, à la tête d'une famille recomposée de11 enfants, doit monter et descendre ses 12 étages à pied 13 à 14 fois par jour.

Si les parties communes sont en mauvais état depuis des années, la situation s’est considérablement dégradée avec la panne d'ascenseur, comme en témoignent les encombrants qui s'accumulent dans les étages. «Ils ne peuvent pas jeter leurs meubles, vu qu'il n'y a pas d'ascenseur. Ils laissent tout là en attendant qu'il refonctionne. Il y en a partout, des frigos, des machines à laver, des vélos», confie un habitant auprès de nos confrères, déplorant aussi la présence de cafards.

Une aide exceptionnelle de l’État

Pour soulager le quotidien des habitants de l’immeuble, un système de portage pour les courses a été organisé une fois par semaine. Pour les parents de jeunes enfants en revanche, les déplacements avec des poussettes demeurent une vraie galère. Comment expliquer une telle situation ? Certains propriétaires cumulent plusieurs dizaines de milliers d'euros d'impayés chacun. Bien que minoritaires, ils bloquent tous les autres.

Après deux ans de panne, un nouvel ascenseur doit finalement être installé cet été, grâce à 300 000 euros d'aides versées exceptionnellement par l'État, avec le soutien de la mairie de Mulhouse. En France, il existe 880 000 copropriétés et 220 000 d’entre elles sont considérées comme étant en grande difficulté, c’est-à-dire que le montant des impayés est d'au moins 20% du budget annuel, indique TF1.

Une nouvelle loi récemment votée permet aux copropriétaires de recourir plus facilement à des prêts bancaires pour financer des travaux de réparation.