
Propriétaire bailleur d’un appartement, vous venez de trouver un nouveau locataire. Avant d’emménager, celui-ci devra vous fournir une attestation d’assurance habitation. Contrairement aux propriétaires occupants, les locataires sont en effet obligés par la loi de souscrire une assurance habitation, rappelle Meilleurtaux Assurances, dans une étude publiée le 19 juin. Or «ce poste de dépenses devient de plus en plus lourd pour les Français», souligne le courtier. En 2025, les primes d’assurance - c’est-à-dire le montant payé chaque année à l'assureur pour couvrir les risques liés au logement, comme les incendies ou les dégâts des eaux - ont augmenté dans une fourchette de 8% à 12%, sur un an. Une hausse liée au bond de la surprime «CatNat», destinée à financer la couverture des risques climatiques et passée de 12% à 20% en janvier 2025.
Mais «les écarts de prix sont significatifs selon les départements, allant parfois du simple au double, à garanties égales», souligne le courtier. Au-delà de la localisation géographique, le montant de la prime d’assurance habitation dépend de quatre critères principaux, dont la superficie du logement. Le coût de l’assurance double quasiment entre une surface de 30 à 60 mètres carrés et une superficie de 90 à 120 mètres carrés. Le type de logement entre aussi en ligne de compte, une maison coûtant 30% à 40% plus cher à assurer qu’un appartement. Le statut de l’occupant du logement joue également, la prime d’assurance habitation étant en moyenne deux fois plus élevée pour un propriétaire que pour un locataire. Les propriétaires désireux de contracter une assurance habitation doivent en effet assurer l’intégralité de leur bien immobilier, tandis que les locataires ne sont tenus d’assurer que leur responsabilité civile en matière de relations locatives ainsi que leurs biens personnels. Enfin, la valeur des biens et équipements influe évidemment sur le montant de la prime d’assurance.
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D’importantes disparités tarifaires selon les régions
Meilleurtaux Assurances a comparé le coût de l’assurance habitation dans les différents départements, pour quatre profils types d’assurés. Le premier, un célibataire de 25 ans, est locataire d’un deux pièces de 40 mètres carrés et dispose de moins de 10 000 euros de biens à assurer. Le deuxième, âgé de 35 ans et marié, loue un T3 de 70 mètres carrés et la valeur de ses biens n’excède pas non plus 10 000 euros. Le troisième profil, marié et comptant 55 printemps, est propriétaire occupant d’une maison de cinq pièces de 100 mètres carrés, avec un capital à assurer compris entre 10 000 et 20 000 euros. Le quatrième profil, un quarantenaire marié et père de deux enfants, est lui aussi propriétaire d’une maison, de six pièces et d’une surface de 145 mètres carrés, avec là aussi entre 10 000 et 20 000 euros de biens à assurer.
A Paris, le locataire d’un 40 mètres carrés devra débourser 134,17 euros par an pour son assurance habitation, soit 25,3% de plus que la moyenne nationale de 109,4 euros ! C’est dans la Sarthe que le locataire d’un T2 paiera son assurance habitation le moins cher, avec une prime annuelle de seulement 90,83 euros. Bon marché également, l’Indre (91,56 euros) et le Morbihan (93,62 euros). Des écarts que l’on retrouve avec des surfaces habitables plus importantes. Ainsi, le locataire d’un 70 mètres carrés dans les Alpes Maritimes ou dans les Bouches-du-Rhône, deux départements particulièrement sensibles aux phénomènes de sécheresse, d’incendies et d’inondations, débourse respectivement 165,36 euros et 164,83 euros par an, contre seulement 117,15 euros au niveau national et 93,92 euros pour la Lozère, le département le moins cher.
Gare au risque climatique
Dans le département le plus onéreux, les Alpes-Maritimes, une famille, propriétaire d’une maison de 100 mètres carrés et souhaitant assurer ses biens à hauteur de 20 000 euros, devra débourser près de 400 euros par an, contre une moyenne nationale de 281,44 euros… Et seulement 205,66 euros si elle réside en Mayenne et 213,12 euros dans le Finistère. Si notre famille habite une maison plus vaste, de 145 mètres carrés, dans les Bouches-du-Rhône, régulièrement victimes de crues du fleuve en hiver, le coût de son assurance habitation, de 532,2 euros par an, sera près de 50% supérieur à la moyenne nationale de 352,45 euros !
«Bien que le système assurantiel soit basé sur une logique de mutualisation des risques (qui regroupe des assurés potentiellement exposés à des risques identiques), il demeure d’importantes disparités tarifaires, directement liées à la fréquence et à l’intensité de la sinistralité selon les zones géographiques ainsi qu’au coût de reconstruction ou de réparation, qui peut varier également selon les zones», explique Samuel Bansard, président de Meilleurtaux Assurances.
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Des assurances habitation communales
C’est pourquoi près d’un assuré sur deux (46 %) hésite désormais à déclarer un sinistre et 30% y renoncent, de peur de voir leur prime s’envoler, regrette le courtier. Qui observe que, «pour éviter que l’assurance ne devienne un produit de luxe», certaines collectivités locales, comme Montreuil, Paris, Lille, Tourcoing ou encore Créteil, négocient des assurances habitation communales à des tarifs accessibles pour leurs administrés.
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