Avant toute inscription sur un site d'échange de maison, relisez votre contrat d’assurance habitation pour savoir s’il autorise le prêt de votre logement car tous les contrats ne se ressemblent pas. S’il est rare qu’un assureur ne l’autorise pas, certaines nuances peuvent s'avérer coûteuses : « Par exemple, certains contrats multirisques habitation acceptent le prêt mais doublent le montant de la franchise, si le responsable du sinistre n'est pas un membre de votre famille », prévient Marie Corbineau, directrice de l’assurance habitation chez L’olivier Assurance.

À noter que le fait d'être propriétaire ou locataire ne change rien pour ce type de prêt réciproque. « La seule différence réside dans les garanties, résume-t-elle. Des dommages sont couverts par le contrat du bailleur, d’autre part celui du locataire ». Il n'est donc pas nécessaire de demande l'autorisation du propriétaire dans le cadre d'une location.

La Responsabilité Civile

Pilier de tout échange de logement, la Responsabilité Civile (RC) est la solution clé puisque c’est la partie de votre assurance habitation qui vous couvre à l’extérieur de votre domicile. Elle est même doublement utile. D'une part, elle vous couvre lorsque vous séjournez chez quelqu’un mais également votre logement quand vous n’y êtes pas. Dans le cas d’échange de maison, assurez-vous que le futur occupant soit couvert par la sienne, tout en vérifiant la vôtre.

La plupart des contrats d’habitation incluent une responsabilité civile. Si ce n’était pas le cas, des extensions de garanties sont souvent proposées par votre organisme. Le mieux est de vous mettre en relation avec votre assureur pour vérifier. « La situation doit être symétrique, conseille Marie Corbineau. Avant de confirmer votre séjour, demandez systématiquement l'attestation de responsabilité civile de votre partenaire. Si chacun possède la sienne, le risque financier majeur est écarté ».

Une preuve écrite

Mettre par écrit les conditions d’utilisation du logement peut être une solution pour établir des responsabilités en cas de pépin. Par exemple, si dans les règles de la maison, vous avez déconseillé l’utilisation de la machine à laver dans la buanderie, que l’occupant s’en sert et que cela crée un dégât des eaux, c’est finalement de sa responsabilité. « Dans ces cas-là, demandez à la personne d’accuser réception de ces règles, histoire d’en faire un réel échange et que cela ne soit pas à sens unique», suggère-t-elle.

L’assurance des plateformes

Les sites d’échange proposent souvent leur propre "pack" d'assurance mais il faut y voir un complément plutôt qu'une substitution à votre contrat personnel. Imaginons qu'un invité casse le pied d'une table design d'une valeur de 300 €, montant souvent inférieur à la franchise de votre assurance habitation habituelle (souvent entre 150 € et 500 €). Dans ce cas, l'assurance de la plateforme ou le système de caution géré par le site prend tout son sens. « Leur grand intérêt réside dans la gestion du dommage matériel et de la médiation, résume l’experte. Le site joue le rôle d'arbitre, retient la somme sur la caution de l'invité et vous la reverse, évitant ainsi un conflit frontal ou une déclaration de sinistre inutile auprès de votre assureur ».

En cas de sinistre

La première étape est d’appeler votre assurance pour déclarer le sinistre pendant que l’occupant fait la même chose auprès de sa propre gestionnaire. « En fonction des responsabilités établies, votre gestionnaire fera les démarches nécessaires pour obtenir un recours auprès de l'assurance de l'occupant – au titre de sa garantie responsabilité civile – si sa responsabilité est engagée, détaille Marie Corbineau. Vous n’allez pas payer directement, ni votre occupant et chacun garde la relation avec son propre assureur ».