Le 19 juin à 14 heures, un salarié de 35 ans et sa famille deviendront propriétaires de leur résidence principale, une maison située dans la région lyonnaise. Un événement comme beaucoup de familles en connaissent, à ceci près que cette acquisition a été financée en… cryptomonnaie. Plus précisément en «stablecoins», précise à Capital Emeric Fillatre, co-fondateur de JBDA, une start-up basée dans les Alpes-Maritimes, à l’origine de la solution Legibloq, qui permet au vendeur immobilier de recevoir le produit de la cession en euros et non pas en cryptomonnaie, «une première en France», assure le dirigeant. Un atout de taille car «il n’est pas évident, pour un vendeur immobilier, d’accepter un paiement en cryptomonnaie», compte tenu de la volatilité de ce type d’actif, souligne Emeric Fillatre.

Une fois la maison de ses rêves trouvée, et après avoir vu son offre à 370 000 euros acceptée par le vendeur, l’acquéreur a contacté JBDA, co-entreprise entre la société Jarvix, spécialisée dans la blockchain, et le cabinet d’avocats Bruzzo Dubucq, relate Emeric Fillatre. Après avoir vérifié l’origine des stablecoins destinés à financer cette acquisition, JBDA, via sa solution Legibloq, les a placés sur un compte séquestre et a adressé l’acheteur à l’un de ses trois notaires partenaires pour élaborer le compromis de vente.

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Une marge de sécurité demandée pour pallier la volatilité des cryptos

L’acte d’achat authentique sera signé le 19 juin à 14 heures. Mais comment être sûr que les stablecoins placés sur le compte séquestre de JBDA vaudront toujours 370 000 euros à ce moment-là ? «Ils ont déjà perdu 7%», reconnaît Emeric Fillatre. C’est pour cela qu’en calculant une probabilité de baisse sur la base de l’historique des cours, JBDA a demandé à l’acquéreur «une marge de sécurité de 30%» de plus que la somme de stablecoins correspondant à 370 000 euros.

Si la totalité de cette marge de sécurité n’est pas utilisée, elle sera bien sûr restituée à l’acheteur. JBDA ayant reçu l’appel de fonds du notaire, la société s’apprête d’ailleurs à convertir, «sans doute ce mercredi», les stablecoins en euros afin de les transmettre à l’étude, via le compte de cette dernière à la Caisse des dépôts et consignations. «Les notaires ne manipulent pas de cryptomonnaies», précise Emeric Fillatre. Le vendeur non plus, par conséquent : «Il n’est même pas forcément au courant que l’acquéreur a payé en cryptos, il ne reçoit que des euros», insiste le co-fondateur de JBDA. Il espère lever ainsi l’un des principaux freins à l’achat immobilier en cryptomonnaies. Histoire de coller à l’air du temps, quelque 5,5 millions de Français détenant plus de 20 milliards d’euros de crypto-actifs, selon JBDA, également sollicité par des agences immobilières «confrontées à des demandes de financement en cryptos».

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