L’été s’annonce encore une fois très difficile pour les candidats à la location. Selon une étude publiée par la plateforme de location Bien’ici, l’offre de biens disponibles a reculé de 4% sur un an sur le plan national au deuxième trimestre 2024. «Ce blocage du marché n’est pas nouveau, cela fait maintenant trois ans que la tension locative est particulièrement élevée, analyse Régis Sébille, expert data chez Bien’ici. Avec la hausse des taux de crédit, les prétendants à la primo-accession n’arrivent plus à financer leur projet, ils restent plus longtemps dans leur location.»

La tension locative, cette situation dans laquelle la demande excède l’offre de logements, s’est en effet considérablement accentuée depuis la période pré-Covid puisque le nombre de biens disponibles à la location en France a reculé de 34% sur les trois dernières années. Cette pénurie de biens à louer, notamment dans les grandes villes, tire logiquement les loyers à la hausse, avec une augmentation de 1,3% sur le plan national depuis un an. Mais ce chiffre cache évidemment de grandes disparités entre les territoires. Pour vous aider à y voir plus clair, nous vous proposons de découvrir les villes où les loyers ont le plus augmenté depuis un an, et celles ou il sont au contraire en recul.

SI vous avez un budget serré pour vous loger, évitez Bayonne, qui remporte la palme de la ville où les loyers ont le plus flambé sur an (+22%). Le loyer médian, ce qui signifie que la moitié des loyers dépassent ce seuil, et l'autre moitié se situe en dessous, s’élève à 560 euros dans la sous-préfecture des Pyrénées-Atlantiques. La ville souffre notamment d’une explosion des locations touristiques depuis plusieurs années, phénomène qui contribue à tirer les loyers des “locations classiques” à la hausse. Les loyers ont également explosé en région parisienne, notamment à Bobigny (+21%), Montrouge (+20%) ou Bondy (+18%).

Malheureusement pour les candidats qui cherchent un logement dans les métropoles, la grande majorité des grandes villes françaises voient leurs loyers augmenter de manière significative sur un an. La hausse est particulièrement spectaculaire à Lyon (+8%), Marseille (+8%) ou Paris (+9%). La capitale souffre notamment d’un marché de la location complètement saturé, ce qui tire les loyers à la hausse malgré le dispositif d’encadrement des loyers. Sans surprise, avec un loyer moyen qui dépasse les 38 euros par mètre carré, Paris reste la ville la plus chère du pays pour se loger, avec un loyer médian qui culmine à 995 euros pour un studio. Parmi les plus grandes villes du pays, seules Lille et Montpellier ont vu leurs loyers stagner sur un an. «Les jeunes actifs qui terminent leurs études ne parviennent plus à trouver un bien et ont tendance à rester de plus en plus longtemps dans leur logement étudiant, poursuit Régis Sébille. Cela contribue à accentuer la tension locative dans les grandes villes, notamment pour les jeunes

A l’inverse, les prix se sont écroulés à Vaulx-en-Velin (-41%), commune située dans la région lyonnaise, Grasse (-22%) ou encore Sevran (-15%). A noter qu’avec un loyer par mètre carré inférieur à 12 euros, Saint-Etienne demeure la grande ville la moins chère de France pour les locataires. Béziers et Montauban sont les deux autres communes les plus abordables du pays. Parmi les plus grandes villes du pays, seules Lille et Montpellier ont vu leurs loyers stagner sur un an.