Une petite copropriété tristoune au fin fond de l’Ile-de-France. «C’est chez moi !», claironne Damien à son amie. Comment ça, chez lui ? Il habite pourtant Vincennes, le «XXIe» arrondissement de Paris. D’ailleurs, Damien s’oriente mal : «Attends, je crois que c’est ce bâtiment… Au deuxième étage, il me semble…» En réalité, Damien ne rentre pas vraiment chez lui. Il est le propriétaire d’un appartement au sein de cette petite copro, qu’il loue dans le cadre du dispositif Pinel. Cela lui permet de bénéficier d’une réduction de son impôt sur le revenu, sous réserve de proposer son bien à un prix plafonné, et à un occupant respectant des conditions de ressources. Ou plutôt, en l’espèce, d’une occupante, et c’est à peu près tout ce qu’il sait d’elle. «C’est ma banque qui m’a conseillé cet investissement», conclut le trentenaire.

L’histoire dira si ce placement aura constitué un bon plan pour Damien. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne l’est pas vraiment pour la collectivité, plusieurs études ayant détaillé les défauts de ce produit de défiscalisation, depuis ses frais de commercialisation élevés (l’intermédiaire de vente touchant une rémunération trois à quatre fois supérieure à celle de l’architecte ou du maître d’œuvre de l’immeuble), jusqu’à la standardisation à l’extrême des appartements qu’il engendre, pour une faible qualité d’usage.

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