«On n’est pas des animaux», peste une habitante d’un HLM du quartier du Pigeonnier, au nord d’Amiens, au micro de France 3 Hauts-de-France, lundi 21 octobre 2024. Depuis deux ans, cette résidente et ses voisins dénoncent de nombreuses coupures de chauffage et d’eau chaude. «Depuis deux ans que ça dure et rien n’a changé. On est gelés, on a très froid», ajoute-t-elle, emmitouflée dans d’amples vêtements, alors que les températures commencent à chuter à l’approche de l’hiver. En avril dernier, ces locataires avaient déjà alerté les médias sur la situation.

Une autre habitante explique devoir faire couler un bain froid, puis faire chauffer de l'eau dans une bouilloire qu’elle verse dans la baignoire pour pouvoir se laver. «Mes enfants tombent malade à la maison», assure-t-elle. Tous déplorent un manque de communication du bailleur social Amsom Habitat, qu’ils ont alerté plusieurs fois. France 3 révèle qu’un affichage, en bas de l’immeuble, annonce la mise en place d’un nouveau système de production d’eau chaude sanitaire, en cours d’installation. Pour l’une des locataires, le bailleur social, au courant du passage des journalistes dans l’immeuble, en aurait profité pour glisser la date de coupure du jour dans la note d’information.

Une fuite d’eau en cause selon le bailleur

Elle assure que le bailleur ne prévient habituellement pas des coupures et aurait même eu un échange assez houleux avec une secrétaire d’Amsom Habitat : «Elle m’a répondu : c’est pas mal déjà, vous avez un toit sur la tête !» De son côté, Amsom Habitat évoque une fuite d’eau en juin dernier, qui aurait nécessité des travaux. Mais cela n’aurait pas réglé le problème et le bailleur social aurait fait le choix de remplacer l’intégralité des canalisations. Des problèmes d’approvisionnement auraient suivi. Il assure par ailleurs que les locataires auraient été prévenus de «chaque étape» de l’évolution de la situation.

En attendant, les locataires, qui parlent de «promesses en l’air» et menacent de geler les loyers, racontent devoir dormir avec polaire et chaussettes, en se réchauffant du mieux qu’ils peuvent avec de petits radiateurs électriques. Des chauffages d’appoint qui rajouteraient une vingtaine d’euros de sur leurs factures d’électricité.