Depuis deux mois, un quotidien insoutenable s'est imposé à plusieurs habitants d'un immeuble à Reims, confrontés à une absence de chauffage, d'eau chaude et d'ascenseur en plein hiver. L’Union se fait ainsi l'écho du calvaire vécu par Camille, une jeune Rémoise, qui continue de payer 800 euros par mois pour un logement privé de ses services essentiels.

Tout a commencé le 19 décembre, lorsque le gaz a été coupé suite à une intoxication au monoxyde de carbone. Depuis, le problème n’a toujours pas été résolu. Le syndic de copropriété a fait intervenir une entreprise spécialisée pour inspecter les conduits, mais le diagnostic pointe un problème d'étanchéité sur une ou plusieurs chaudières. En conséquence, les résidents des 11 logements concernés doivent faire réviser leurs installations avant toute remise en service du gaz.

Un refus catégorique des propriétaires face à la demande de réduction de loyer

Par ailleurs, l’ascenseur de l’immeuble est également hors service. La raison ? Le bâtiment est construit sur une nappe phréatique, entraînant des inondations régulières du parking souterrain. Les opérations de pompage ont cessé depuis deux semaines, exposant les compteurs électriques installés en sous-sol à des risques accrus. Par mesure de sécurité, l'ascenseur a donc été condamné.

Pour Camille, cette situation est d’autant plus insupportable que ses propriétaires refusent tout geste financier, malgré les conditions de vie dégradées. «Je paye 800 euros par mois pour un logement sans chauffage, sans eau chaude, sans ascenseur et avec une menace permanente de ne plus avoir d'électricité», confie-t-elle avec amertume. Contrairement à certains voisins, elle n’a obtenu aucune réduction de loyer.

Les obligations des propriétaires face aux problèmes de logement

Face à l'inaction des propriétaires, Camille réclame au moins la suppression des charges, comprenant des services auxquels elle n’a plus accès, tels que le gaz et l’ascenseur. En attendant la résolution des problèmes, elle et les autres locataires doivent s’armer de patience, dans un contexte où les solutions tardent à se mettre en place.

D’un point de vue légal, un propriétaire est tenu de fournir un logement décent, répondant aux normes minimales de confort. En cas de privation de services essentiels comme le chauffage ou l'eau chaude, le locataire peut exiger une réduction du loyer, voire saisir un tribunal si aucun accord amiable n'est trouvé. L'article 1719 du Code civil impose au bailleur d'assurer la jouissance paisible du bien et d'en garantir l'usage conformément à sa destination.