Après les passoires, voici les bouilloires et nous ne parlons toujours pas de cuisine ! En août 2024, une étude de la Fondation Abbé Pierre (FAP) indiquait que 55% des Français ont déclaré avoir eu trop chaud dans leur logement en 2023. Avec la dernière vague de chaleur vécue en France ces derniers jours, cette proportion ne risque pas de diminuer plus le temps passe si rien ne change, bien au contraire. En effet, le nombre de personnes vivant dans des logements «trop chauds» a augmenté de 26% depuis 2013, dévoile également la Fondation dans un rapport qui compile des données officielles.

Comment savoir si vous vivez dans ces logements, dorénavant surnommés «bouilloires thermiques», c’est-à-dire des logements qui ne restent pas au frais durant l’été ? Tout comme les logements présentés comme «passoires thermiques», ces habitations connaissent des problèmes d’isolation des murs et de la toiture. Mais ce n’est pas tout. Selon où ils sont situés, ils peuvent d’office être caractérisés comme des bouilloires énergétiques. Si votre logement est situé sous les combles d’un immeuble, qu'il ne dispose pas d’extérieur ou qu’il est orienté au sud et à l’ouest sans possibilité d’avoir une végétation lui faisant de l’ombre, vous habitez certainement dans une bouilloire thermique.

Les moins de 25 ans sont les plus exposés

Il n'est donc pas étonnant de retrouver la plupart des bouilloires thermiques dans des zones urbaines, avec des réglementations ou freins patrimoniaux qui empêchent l’installation de protections solaires ou l’application de couleurs claires en façade et en toiture. Selon une étude publiée en mai, dans Lancet Planet Health que partage actu planète, Paris est la capitale d’Europe où le risque de mortalité face aux vagues de chaleur est le plus fort en raison de sa densité et du manque d’espaces verts.

Et parmi les personnes majoritairement exposées à ces bouilloires thermiques, nous retrouvons les mères célibataires, les ménages modestes ou encore les personnes âgées. Mais en tête de ce classement qui touche des personnes en situation précaire ou disposant de peu de revenus, il y a les moins de 25 ans. Ces jeunes sont les plus nombreux à vivre dans de petits logements mal isolés, avec 71% à souffrir de la chaleur en été selon l’enquête Ipsos/RTE. Et cet inconfort d’habitat ne va pas aller en s’arrangeant : «Un Français sur sept habite un territoire qui sera exposé à plus de vingt journées anormalement chaudes chaque été d’ici 2050», prévient le rapport de la FAP.