
Avec 34 degrés à Paris en ce mercredi 25 juin, nul doute que Vahagn, étudiant dans la capitale, appréhende la nuit prochaine dans son studio du XIXe arrondissement, situé sous les toits. Un appartement qu’il qualifie de «passoire thermique l’hiver et de bouilloire l’été», dans un témoignage paru dans la nouvelle étude de la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation abbé Pierre) sur la précarité énergétique des logements, publiée ce jeudi 26 juin. «Ça m’a déjà fait songer au déménagement car ça peut être très difficile à vivre au quotidien, surtout avec les canicules de ces dernières années. J’ai parfois l’impression d’être dans un four. Le pire, ce sont les nuits, étant donné que je dors sur une mezzanine, où l’air est encore plus chaud», confie Vahagn à la Fondation. Son cas est loin d'être isolé, plus d'un tiers (35%) des logements étant des bouilloires en été, selon l'étude.
Dans quelques mois, le jeune homme pourra peut-être forcer son propriétaire à installer des volets sur ses fenêtres et des ventilateurs au plafond, deux équipements particulièrement efficaces pour rafraîchir un logement. Plusieurs députés de différents bords politiques, dont Cyrielle Chatelain (Ecologiste et Social), Lionel Causse (Ensemble pour la République), Emmanuel Grégoire (Socialistes et apparentés) et Aurélie Trouvé (La France Insoumise), déposeront cet été, à l’Assemblée nationale, une proposition de loi visant à accélérer la rénovation énergétique des logements bouilloires, par analogie avec les passoires thermiques notées E, F et G sur le diagnostic de performance énergétique (DPE). «A date, nous avons récolté 51 signatures issues de sept groupes politiques différents, dont également Liot (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires), Horizons et Démocrates. La liste des signataires est encore partielle puisque le texte n’a pas encore été diffusé à l’ensemble des députés de chaque groupe», précise la Fondation pour le logement des défavorisés à Capital. Travaillé avec la Fondation, ce texte prévoit notamment que «les locataires pourront exiger de leur bailleur l’installation de protections solaires extérieures et de brasseurs d’air dans leur logement». Seulement 60% des logements sont «pleinement» équipés de protections solaires, relève la Fondation.
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Améliorer l’indicateur de confort d’été du DPE
La proposition de loi a également pour objectif de «rendre obligatoire» l’affichage de l’indicateur de confort d’été du DPE sur les annonces immobilières, tant pour les locations que pour les transactions. Un indicateur dont la Fondation pour le logement pointe au passage «les limites», comme la non prise en compte de l’exposition du logement, et qui doit donc «être renforcé». La ministre du Logement, Valérie Létard, souhaite justement faire évoluer le DPE afin qu’il intègre mieux la notion de confort d'été. Elle doit formuler des propositions en ce sens au cours de l’été.
Autre ambition de cette proposition de loi transpartisane, intégrer le confort d’été dans la définition d’une rénovation énergétique globale, c’est-à-dire comprenant plusieurs gestes de travaux et permettant d’améliorer la note du DPE d’au moins deux étiquettes. Le texte ajoute ainsi un poste de travaux spécifique au confort d’été dans la définition d’une rénovation d’ampleur. Logiquement, la proposition de loi entend intégrer la chaleur dans la définition de la précarité énergétique, «pensée à l’origine pour qualifier la difficulté à se chauffer en période de froid, par manque de ressources ou à cause de la mauvaise qualité thermique de son logement», souligne la Fondation. Or la chaleur aussi est dangereuse : d’après Santé Publique France, elle a causé la mort de 3 700 personnes en 2024, année au cours de laquelle pas moins de 42% des Français ont déclaré avoir eu beaucoup trop chaud chez eux, selon le Médiateur de l’énergie.
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