
Mis en place depuis deux ans, l’utilisation du «Wallet» des appareils Apple pour y ajouter les titres de transport franciliens «risque de s’arrêter dans quelques semaines», a alerté Valérie Pécresse sur son compte LinkedIn, lundi 19 mai. La raison : «un imbroglio réglementaire absurde, issu d’un contentieux porté par deux acteurs publics, soucieux de protéger leurs rentes : la RATP et la SNCF», dénonce la présidente de la région Île-de-France.
L’élue évoque la décision rendue en février par l’Autorité de régulation des transports (ART) qui impose à Île-de-France Mobilités (IDFM) de laisser les opérateurs vendre tous les titres Navigo (y compris le Liberté +) depuis leurs applis ou leurs sites, et de leur verser des commissions, explique Le Parisien. L’ART souligne également l’existence d’une disparité de concurrence entre le géant Apple et les autres acteurs susceptibles de lui faire face.
L'appel d'urgence de Valérie Pécresse au gouvernement
Cette issue entraînerait ainsi une démarche plus complexe pour les voyageurs. «Apple devrait désormais proposer dans son wallet non pas un achat en quelques clics, mais, pour chaque ticket, une liste de vendeurs (comme RATP/SNCF ou Île-de-France Mobilités)». Ainsi, un long parcours du combattant commence : «l’utilisateur serait redirigé vers l’Apple Store pour télécharger l’application du vendeur, acheter son ticket en créant si nécessaire un compte, enregistrer sa carte bancaire (au lieu d’utiliser Apple Pay) afin de retrouver ensuite son billet dans le wallet», détaille Valérie Pécresse.
Pour empêcher la fin de ce service cofinancé par IDFM et Apple – qui réunit «un quart des achats» – l’ancienne ministre a appelé le Premier ministre Sébastien Lecornu pour qu’il dépose un amendement avant l’entrée en vigueur de la décision de l’ART, à partir du 20 août. «Si la loi sur les transports n’est pas modifiée, d’ici l’été 2026, cela signera l’arrêt pur et simple de la vente de titres de transport via l’iPhone. Un vrai retour en arrière pour la billettique dans nos transports !», avertit Valérie Pécresse.
Une décision qui pénalisera les voyageurs ?
De son côté, la RATP indique que «l’ART a rendu sa décision, confirmant notre interprétation de la loi, après une procédure d’instruction de 17 mois afin d’étudier minutieusement le dossier dans toute sa complexité technique et ses aspects concurrentiels». IDFM, pour sa part, estime qu’elle a financé et développé la billettique numérique, et qu’elle n’a pas à verser des commissions à des applis tierces. Enfin, une source proche d’Apple estime que la fin du Wallet pénaliserait des millions de visiteurs qui transitent chaque année par l’Île-de-France. «Les Franciliens, eux, continueront d’utiliser les applis IDF Mobilités, RATP Bonjour ou SNCF Connect», prévoit-elle.











