Face à l’envolée des prix du carburant et à la crise énergétique, la région Île-de-France a dévoilé ce mardi 12 mai son nouveau plan régional Énergie d’un montant de 850 millions d’euros pour 2026-2028. Depuis le siège de la région, sa présidente, Valérie Pécresse, a ainsi affirmé sa volonté «de protéger durablement les Franciliens» face aux chocs énergétiques plutôt que de prendre des mesures sur le court terme. Désireuse d’inciter les communes et intercommunalités de la région à réfléchir à leur propre stratégie énergétique, ce contrat Énergie doit notamment permettre la production d’énergie et la rénovation thermique, notamment des copropriétés dégradées.

«On va par exemple faire un contrat énergie pour les communes qui va les inciter à produire elles-mêmes leur énergie ou à rendre les bâtiments publics plus sobres, et derrière, c’est moins d’impôt pour le contribuable et ce sont des factures énergétiques plus basses», a expliqué Valérie Pécresse aux côtés de Yann Wehrling, vice-président en charge de la transition écologique, du climat et de la biodiversité, rapporte Le Parisien. Pour ce faire, chaque candidature devra obligatoirement être examinée par un jury, et dans le cas d’une acceptation, ne pourra recevoir qu’une partie de cet investissement à concurrence d’un million d’euros pour chaque commune. «C’est un cran de plus vers la sortie des énergies fossiles», a par ailleurs tenu à marteler Valérie Pécresse.

Exploiter l’énergie parfois gaspillée

Grâce à son nouveau plan, la région Île-de-France entend aussi mettre un point d’honneur à exploiter l’énergie parfois gaspillée, en récupérant notamment la chaleur fatale - celle générée par les équipements informatiques qui fonctionne en continu - des datacenters. «40% des datacenters de France vont être situés en Île-de-France. On va donc faire un règlement pour récupérer la chaleur fatale systématiquement», a expliqué la présidente de la région en poste depuis dix ans. Cette chaleur récupérée pourra ainsi être injectée par la suite dans le réseau urbain afin de chauffer les futurs logements des Franciliens ou être utilisée dans le milieu agricole pour chauffer des cultures locales.

Mais ce n’est pas tout. Ce plan de 850 millions d’euros prévoit aussi de poursuivre la rénovation thermique des lycées qui sont la propriété de la région. Depuis dix ans, 41 chantiers ont en effet déjà permis d’économiser 22% d’énergie en moins (260 GWh), soit l’équivalent d’une ville de 50 000 habitants. L’objectif affiché par la région est donc de rénover 21 établissements scolaires et d’en rattacher 19 autres aux réseaux de chaleur afin d’atteindre un objectif d’une baisse de 50% de la consommation énergétique d’ici 2030.